LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT en Languedoc-Roussillon N°02
Mars 94
Transport et environnement
Tous les types de transport,
qu'ils concernent les marchandises ou les hommes,
sont générateurs de nuisances. Il n'est pas question, dans ces quelques pages,
de traiter de l'utilité des transports, ni de légitimer un moyen
de communication par rapport à un autre. Notre but est d'examiner
les liens entre les infrastructures de transport et l'environnement.
Faire un rapide état des lieux dans notre région, soulever les aspects positifs,
mais également négatifs sur l'environnement et enfin exposer
les approches possibles en terme de politique d'aménagement du territoire :
ce sont les composantes principales
de ce dossier.
EN LANGUEDOC-ROUSSILLON UN RESEAU DENSE
Situé au carrefour, de l'Europe du Nord, du Sud, et des pays du Bassin Méditerranéen, le Languedoc-Roussillon est une ligne de passage obligé. Tout au long de son histoire, proche et ancienne, l'organisation des transports y a fait l'objet de soins et d'aménagements constants.
Ouvert sur la Méditerranée, la région s'est ainsi dotée d'un réseau routier important, renforcé par la voie ferrée et complété aujourd'hui par sept aéroports régionaux.
Une ouverture maritime
Avec ses 250 km de côtes, la région est ouverte sur les grands espaces maritimes. Actuellement, les infrastructures portuaires, telles que les ports de Sète, de Port-la-Nouvelle ou de Port-Vendres, répondent aux besoins : trafics de marchandises dans le domaine de l'agro-alimentaire (céréales, bois, bétail, vin), importations d'hydrocarbures, ou transports de passagers. Le canal du Midi et le canal du Rhône à Sète constituent également des voies maritimes importantes.
Près de 200 000 tonnes ont transité sur le canal du Rhône à Sète en 1993. Un tonnage qui pourrait augmenter dans le futur : les aménagements-en cours devraient lui permettre de recevoir des bateaux de grand gabarit (pouvant transporter 1 300 tonnes). Infrastructure de transport et d'échanges, le canal se révèle également un outil de développement touristique.
Plus de 18 000 kilomètres de routes nationales et départementales
L’Irrigation du territoire s'appuie sur un réseau de routes nationales et départementales très dense : plus de 18 000 kilomètres de routes sillonnent la région. Et ce nombre ne comprend pas le réseau autoroutier : près de quatre cents kilomètres actuellement, et beaucoup plus avec la mise en service de l'autoroute A75 qui relie Clermont-Ferrand à Béziers et Montpellier. L’autoroute "verte", traversera notamment les départements de la Lozère, de l’Aveyron, de l'Hérault.
Priorité aux transports en commun
Si la multiplication des infrastructures routières permet le désenclavement de certaines zones du territoire, le développement des transports en commun reste de l'avis général la solution la plus intéressante. Ainsi, le Transport Express Régional (TER), dont l'organisation est de la responsabilité de la région, fait-il l'objet de projets ambitieux et de soins constants : ouverture de nouvelles lignes, amélioration des conditions de transport, connexion directe aux dessertes urbaines ou aux grandes lignes... "La remise en fonctionnement de la ligne ferroviaire Montpellier - Sommières est prévue ; elle pourrait même être prolongée jusqu'à Aies", indique François Degans, Président de la Commission Aménagement du Territoire du conseil régional.
Cette ligne permettrait d'alléger la circulation routière très dense sur le parcours Montpellier- Sommières, et bien sûr de faciliter les transports dans l’arrière-pays.
En Languedoc-Roussillon, le Transport express régional représente plus de 1 000 kilomètres de voies ferrées et dessert près de 200 gares, tant dans l'arrière-pays que sur le littoral.
Le TGV ne devrait pas diminuer la pertinence des lignes actuelles
Toujours dans le domaine ferroviaire, comment ne pas parler du grand projet des années futures : la ligne TGV reliant Valence, Marseille et Montpellier, et celle desservant Montpellier, Béziers, Narbonne, Perpignan vers Barcelone ?
Des trains qui ne devraient pas diminuer la pertinence des lignes actuelles d'Avignon ou Marseille à Toulouse ou Port-Bou : celles-ci devraient être affectées aux transports de fret et aux communications inter-cités.
"Les populations tiennent à conserver leurs dessertes locales", fait observer Michel Bertrand de la Société de la protection de la nature Languedoc-Roussillon.
Le Languedoc-Roussillon dispose d'un réseau important
Si l'on ajoute à ces différentes voies de communication les possibilités offertes par les sept aéroports régionaux, le Languedoc-Roussillon dispose d'un réseau important. "Un réseau qui, même s'il ne draine pas tout l'espace des hauts cantons, nous semble suffisant dans l'optique d'une préservation de l'environnement", estime Philippe Noël, Président de l'Association Cévenole, "H reste toutefois à optimiser ces voies de communication pour favoriser le développement économique du milieu rural : installation de petites exploitations forestières en zone de montagne, organisation de circuits touristiques avec des véhicules non polluants..." Des idées qui méritent d'être creusées.