LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT en Languedoc-Roussillon N°05
…MAIS FORCEMENT LIMITES
On comprend donc que le financement public, s'il joue un rôle fondamental, ne peut à lui seul supporter de façon durable la totalité des métiers de l'environnement. Une activité s'appuyant également sur le secteur marchand doit être développée. Or, une telle activité peut difficilement émerger de façon spontanée : la demande est rarement solvable et l'offre pour la satisfaire souvent inexistante. Il appartient donc aux pouvoirs publics de lever les facteurs inhibiteurs existants pour favoriser le développement d'une activité nouvelle. C'est ce qui est actuellement en cours dans le département des Pyrénées-Orientales avec la filière bois-énergie.
105 emplois créés dans les Pyrénées-Orientales en se chauffant au bois
Les forêts sont un élément important du paysage... mais leurs exploitation pose quelquefois des problèmes esthétiques et environnementaux
Dans ce département, des références et un gros potentiel (en ressource et en utilisateurs) existent, favorisant l'utilisation des déchets de l'industrie du bois comme moyen de chauffage (cf. La lettre de l'environnement n°4) : 274 000 tonnes par an utilisables pour la production d'énergie à condition de créer la desserte nécessaire. Or le développement de cette nouvelle filière aiderait à résoudre le problème de l'élimination de ces déchets ainsi que celui de la crise s'accentuant sur la forêt, tout en créant des emplois.
Mais la fluctuation des prix mondiaux de la pâte à papier (débouché actuel privilégié de ces déchets) paralyse le développement de la filière bois-énergie. L'action des pouvoirs publics, par le biais d'une étude coordonnée par la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (DDAF), consiste notamment à contractualiser les relations entre les différents partenaires (producteurs et consommateurs) de façon à stabiliser les prix et, par voie de conséquence, rendre la filière plus fiable. Tous les éléments ont donc dû être passés en revue : gisement forestier disponible, prédispositions des professionnels, possibilités de stockage, performances des matériels de déchiquetage et de chauffage, usagers potentiels (4 400 tonnes consommées dès la quatrième année), économies de chauffage réalisées, retour sur investissement, formation des personnels…
On le voit, parvenir à mettre en place de nouvelles filières de ce type n'est pas chose aisée car la crédibilité économique doit en être démontrée pour obtenir les financements nécessaires. Mais le jeu en vaut la chandelle, puisque le projet devrait permettre de créer une centaine d'emplois en quatre ans. Dans ce domaine, d'autres initiatives voisines se font jour en Languedoc-Roussillon avec des entreprises de production de combustible bois (COGRA en Lozère, COMETHERM dans l'Aude ou COPRESS dans le Gard) ou des projets de développement d'une filière (projet de mobilisation de 11 000 tonnes de déchets bois par an à Saint-Pons-de-Thomières dans l'Hérault). Mais le projet de filière bois-énergie dans les Pyrénées-Orientales reste probablement le plus ambitieux par son échelle.
Dans de telles opérations, la participation de tous les partenaires économiques susceptibles de représenter une source d'embauche s'avère souhaitable. Les entreprises privées tenteront, par une diversification de leurs activités, de répondre aux nouvelles exigences du marché. En l'absence de moyens suffisants, les communes pourront se regrouper en syndicats intercommunaux voire en communautés de communes, ce qui leur permet de bénéficier de subventions spécifiques (dotation de développement rural, dotation globale de fonctionnement spécifique).
Les entreprises d'insertion par l'économie représentent également une source d'emplois intéressante : elles bénéficient d'aides du ministère du travail d'un montant de 38 000 F par an et par poste de travail. Quelques belles réussites existent d'ailleurs en la matière avec par exemple le centre d'aide par le travail de Chambéry qui réalise le mobilier extérieur du Parc national de la Vanoise.