LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT en Languedoc-Roussillon N°06
Mai 1995
Les métiers de l'environnement
(2ème partie)
Nouveaux métiers d'avenir à la pelle par-ci, perspectives de milliers de créations d'emplois par-là : l'environnement est source de torrents de plans tirés sur la planète écologique ...
Après un premier volet consacré aux métiers de l'environnement liés à l'eau et à l'aménagement de l'espace, ouvrons aujourd'hui le second sur ceux du traitement, de la valorisation et du recyclage des déchets ménagers, essentiellement, mais aussi de la surveillance et de la lutte contre la pollution atmosphérique et le bruit. Sans parti pris ni prétention à une impossible exhaustivité.
Et pour commencer, halte aux délires de sociale-fiction environnementale ! Certes, la prise en considération de plus en plus poussée de la protection de l'environnement est déjà - et sera certainement encore plus demain - créatrice d'emplois. En France, comme dans l'ensemble des pays développés. Mais, restons les pieds sur terre et n'en attendons pas monts et merveilles pour régler le problème du chômage. Dans notre fin fond d'Hexagone sous-industrialisé encore plus qu'ailleurs, ne nous plaignons pas et ne rêvons pas non plus : le Languedoc-Roussillon n'est pas confronté à des problèmes majeurs d'environnement et ne regorge donc pas de mirobolants gisements d'emplois dans ce domaine ...
Avec celle de l'eau, la gestion des déchets ménagers laisse cependant entrevoir d'intéressantes perspectives sur fond de révolutionnaire et très contraignante loi du 13 juillet 1992 : d'ici à 2002, les décharges classiques doivent disparaître pour être remplacées par des centres de traitement. Ne seront admis en décharge que les déchets ultimes. "En Languedoc-Roussillon, les plus forts tonnages de déchets sont produits par les ménages, indique Michel Brot, responsable déchets à la DRIRE. Avec la disparition des décharges au profit d'installations industrielles, deux par département en moyenne, il faudra certainement aller vers des syndicats intercommunaux plus larges géographiquement qu'aujourd'hui pour les prendre en charge".
Selon la voie choisie par les collectivités - collecte sélective et/ou incinération - le nombre d'emplois induits par le nouveau mode de gestion des déchets ménagers devrait être de l'ordre d'un demi-millier en Languedoc-Roussillon : emplois nouveaux, mais peu de nouveaux métiers, hormis quelques postes de gardiens de déchetterie ou de techniciens-opérateurs de centres de tri et d'usines d'incinération. Les métiers de la collecte, de la récupération et du recyclage - surtout des matières plastiques - devraient également se développer et évoluer en technicité.
Côté pollution atmosphérique et bruit, encore très peu pris en compte, l'horizon est encore beaucoup plus flou. Les métiers spécifiques existants sont peu représentés dans la région et ne semblent pas être appelés à se développer fortement. A court terme en tout cas. D'ailleurs, ne faut-il pas plutôt parier sur l'entrée de la problématique environnementale dans l'ensemble des secteurs d'activité, plutôt que sur un hypothétique essor des métiers - anciens ou nouveaux - de l'environnement ?