LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT en Languedoc-Roussillon N°06
COLLECTE DES DECHETS MENAGERS
Evolution plus qualitative que quantitative
Effectuée par des employés municipaux ou des salariés de sociétés privées, la collecte des ordures ménagères constitue de très loin le principal gisement d'emplois dans le domaine des déchets. En Languedoc-Roussillon comme ailleurs, avec ou sans tri sélectif en amont par les particuliers, les métiers de conducteur d'engin de ramassage et de ripeur représentent le gros des troupes affectées à la gestion des déchets. A lui seul, le groupe Nicollin emploie près de 200 chauffeurs et ripeurs en Languedoc-Roussillon, soit environ le tiers de son effectif régional : une centaine dans son agence de Montpellier, l'autre moitié se répartissant entre ses filiales ou agences de Castelnau-le-Lez, La Grande-Motte et Agde.
Ramassage d'ordures
ménagères en zone rurale.
La conduite de véhicules pour le transport des déchets est l'activité de base de la collecte. Cela nécessite un personnel peu qualifié, dont la seule spécificité est d'être titulaire d'un permis poids-lourd. Le ramassage des poubelles et conteneurs par les ripeurs n'exige quant à lui aucune qualification particulière. Ces métiers sont-ils appelés à se développer dans les prochaines années ? L'augmentation constante du volume des déchets ménagers pourrait le laisser croire, mais elle s'accompagne d'une évolution technique des matériels qui devrait sensiblement maintenir le niveau d'emplois. En fait, la tendance à court et moyen termes est à un schéma un véhicule/un chauffeur/un ripeur. Même si, dans certains secteurs urbains, le rythme soutenu de collecte nécessitera encore deux ripeurs par camion.
Membre de la commission collecte et valorisation du syndicat national des activités des déchets, le responsable recherche et environnement du groupe Nicollin est très clair : "Il n'y a pas d'évolution de l'emploi liée à un accroissement du travail. Notre effectif évolue plutôt en fonction des contrats passés avec les municipalités, explique Philippe Bal. Aujourd'hui, tout le monde s'intéresse un peu plus à l'environnement, mais, dans notre domaine en tout cas, cela débouche sur très peu de créations d'emplois. Cela permet tout au plus de pérenniser les emplois existants". Alors qu'ils avaient très peu changé pendant près d'un demi siècle, ces métiers de base s'adaptent actuellement aux contraintes d'un mode de traitement des déchets beaucoup plus performant. Ainsi, avec le tri sélectif en amont ou en aval de la collecte, notamment, il est aujourd'hui demandé aux ripeurs d'être plus au contact de la population pour l'informer des nouvelles dispositions et d'exercer un plus grand contrôle du contenu des poubelles.
HUILES ALIMENTAIRES
Cinquante tonnes par mois !
Société toulousaine spécialisée dans la collecte sélective d'huiles alimentaires usagées, Sud Récupération rayonne sur quatre régions : Midi-Pyrénées, Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Languedoc-Roussillon. Créée en 1987 par deux personnes, elle emploie aujourd'hui douze salariés, dont un à Montpellier depuis l'ouverture d'un dépôt régional à l'automne dernier. Ils sont pour la plupart chauffeurs-collecteurs, sans qualification particulière.
En Languedoc-Roussillon, Sud Récupération collecte mensuellement quelques 50 tonnes d'huiles alimentaires usagées. Principaux clients, par ordre d'importance : des établissements de restauration rapide, tous les lycées et de nombreux collèges de la région - sur appel d'offres de l'AME - , ainsi que des cafétérias d'hyper et supermarchés. Les huiles récupérées sont ensuite valorisées par une entreprise avignonnaise avant d'être recyclées, essentiellement dans l'industrie de la savonnerie et celle de l'alimentation animale. Gérante de Sud Récupération, Michèle Martin a le sentiment d'exercer "un métier porteur, même s'il ne libère pas suffisamment de marge pour attirer des concurrents"...
DECHETS TOXIQUES
Collecte plus spécialisée
En plein développement, la collecte de déchets spéciaux ou toxiques nécessite l'emploi de ripeurs formés à ces spécificités. De plus en plus, ceux-ci doivent avoir de bonnes connaissances en chimie et, surtout, en manipulation technique. Dans ce domaine, la tendance est à une élévation des qualifications, du niveau 5 au niveau 4 ou 3. Là aussi, il faut plus tabler sur l'évolution d'un métier et son élargissement à de nouvelles tâches que sur un nouveau métier engendrant de nombreuses créations d'emplois.