LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT en Languedoc-Roussillon N°06
VALORISATION/RECYCLAGE
Un précieux gisement de métiers techniques
Avec le secteur de la collecte et du traitement des déchets ménagers, celui de leur valorisation et recyclage apparaît comme le meilleur créneau de développement des métiers de l'environnement dans les années à venir. A Mèze, depuis l'an dernier, le CEREMAP (Centre d'études sur le recyclage des matières plastiques) s'efforce d'apporter sa pierre à l'édifice. Six ingénieurs chimistes et plasturgistes planchent déjà sur le sujet. Ils devraient être trois fois plus dans trois ans.
Deux voies de recyclage sont testées dans ce centre de recherche/développement, correspondant aux deux scénarios possibles de collecte. La première consiste à recycler des matières plastiques déjà triées. Classique, elle permet de remettre sur le marché des matériaux similaires à ceux y circulant déjà. Plus originale, la seconde est celle des plastiques mélangés, pour lesquels des adjuvants doivent être mis au point afin de leur donner les propriétés requises pour diverses utilisations.
Quelle que soit la voie principale choisie, le potentiel est considérable : à peine 5 % des 2,7 millions de tonnes de déchets plastiques annuellement produits en France sont aujourd'hui revalorisés. De nouveaux savoir-faire techniques peuvent être développés dans ce domaine et notre région a d'incontestables atouts recherche à ... valoriser et à abattre. La partie est d'autant plus à jouer qu'elle est encouragée par les pouvoirs publics depuis le décret Emballages de 1992 et les aides apportées par Eco-Emballages aux communes ou groupements de communes. Et c'est, de surcroît, le besoin le plus urgent exprimé par les responsables des collectivités qui voient actuellement en l'inadaptation des solutions techniques le principal frein à une meilleure gestion des déchets.
RECUPERATION
Opportunités pour PME
PDG de la Socodeli, jeune entreprise carcassonnaise de collecte de déchets toxiques liquides et pâteux, Philippe Jouve est formel : "Les marchés de la récupération sont pleinement ouverts, car les réglementations évoluent et deviennent de plus en plus contraignantes pour les producteurs de déchets". Créée en 1992, la Socodeli s'est essentiellement orientée vers la récupération d'huiles moteur usagées en Languedoc-Roussillon et dans quatre départements de Midi-Pyrénées. Elle compte aujourd'hui environ 7 000 garagistes clients pour 4 500 tonnes collectées l'an dernier.
De deux personnes à sa création, l'effectif de l'entreprise est aujourd'hui passé à neuf salariés : cinq conducteurs de camions, une secrétaire, un ingénieur chimiste, un chef d'exploitation et un directeur. Sur ce seul marché des "huiles noires", Philippe Jouve prévoit "de bonnes perspectives de développement à moyen et long terme" pour la Socodeli. Ambition affichée : récupérer 9 000 tonnes, soit le double de l'an dernier, et créer une demi-douzaine d'emplois supplémentaires.
L'objectif ne semble pas hors d'atteinte, tant le Languedoc-Roussillon offre encore une conséquente marge de progression aux collecteurs d'huiles usagées : en 1994, le taux de récupération de ces produits n'était évalué par l'Ademe qu'à 35 % en Lozère, 73 % dans le Gard, 78 % dans les Pyrénées-Orientales, 86 % dans l'Hérault et 96 % dans l'Aude. "C'est un marché porteur, estime Philippe Jouve. Comme le sont aussi ceux de la récupération des solvants, des filtres à huile et à gasoil, et de tous les résidus pâteux de peintures ou de veilles encres".
A Sommières, dans le Gard, Francis Obert ne regrette pas non plus d'avoir créé, en 1986, une société de récupération de déchets toxiques et de déchets à risques, principalement hospitaliers. Et d'avoir investi dans un centre de stockage aux normes en vigueur. Au cours des quatre dernières années, le chiffre d'affaires d'ATO a progressé de 1,8 million de francs à 8,2 millions de francs. Dans le même temps, l'effectif de l'entreprise est passé de quatre à douze salariés.
En dehors du personnel administratif, elle compte aujourd'hui six conducteurs de camions qualifiés pour le transport de matières dangereuses, trois ingénieurs chimistes, un technicien en mesures physiques, un responsable qualité et un responsable planning. ATO rayonne sur tout le Languedoc-Roussillon et une partie de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Pour ATO aussi, l'une des rares sociétés de récupération et de stockage de déchets toxiques implantées dans la région, les perspectives de développement ne sont pas négligeables.
LES METIERS DU TRAITEMENT DES DECHETS
Avec l'objectif de "zéro décharge" en 2002, les métiers de la collecte et du traitement des déchets vont évoluer et se développer. Voici une liste des principaux métiers concernés :
Chauffeur : conduit un camion de ramassage des ordures
Ripeur : effectue le chargement des poubelles, sacs et autres bacs roulants dans la benne à ordures, puis les remet en place.
Technicien ou ingénieur en traitement des déchets : analyse des échantillons pour les caractériser et s'assurer de leur conformité. Il est non seulement susceptible de surveiller une décharge en activité, mais aussi de suivre son évolution après exploitation.
Responsable de site : chargé de l'organisation d'un site de traitement des déchets et de la mise au point des opérations de traitement.
Gardien de déchetterie : assure l'accueil des usagers et la réception des camions qui viennent chercher les déchets pour transformation.
Récupérateur : collecte certains déchets, les trie et trouve des acheteurs pour chaque catégorie de matériaux.
Responsable des déchets dans l'entreprise : organise la réduction de la production de déchets, notamment par l'analyse des procédés de fabrication.