LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT en Languedoc-Roussillon N°06
BRUIT
Au nom de la loi
Encores rares en France, les murs anti-bruit (ici, à Mauguio, dans l'Hérault) permettent pourtant d'atténuer sensiblement la vulome sonore du traffic routier.
La loi du 31 décembre 1992 relative à la lutte contre le bruit entre dans sa phase d'application. Bonne nouvelle ! Car, selon un sondage d'opinion réalisé en 1992, le bruit est considéré par les Français comme l'une des principales nuisances. Parmi les secteurs désormais bien règlementés : l'isolation sonore des locaux d'habitation et autres, mais aussi la protection vis-à-vis des infrastructures routières et ferroviaires. A t-on pour autant besoin de compétences nouvelles ? "Il y aura certes des évolutions, mais les métiers qui pourraient en découler sont très difficiles à quantifier", estime Frédéric Guillot, de l'ADEME.
L'isolation des locaux et la diminution de l'impact sonore des infrastructures routières et ferroviaires exigent le recours à des professionnels, notamment de l'acoustique, pour mesurer le bruit, concevoir des moyens de lutte. "L'évolution est favorable mais, le développement ne devrait pas s'effectuer de manière spectaculaire", indique Pierre Souès, ingénieur-expert en acoustique vibratoire, à Saint-Georges-d'Orques, dans l'Hérault. Les cabinets spécialisés, composés d'ingénieurs, parfois d'architectes, et dont le personnel est peu nombreux, sont moins d'une dizaine dans la région. Certes, il est possible que, dans l'avenir, un certain nombre de collectivités locales et territoriales embauchent des acousticiens, mais rien n'est encore décidé.
Bien sûr, des matériaux sont nécessaires pour amortir les bruits. Ainsi, la demande de murs antibruit est de plus en plus importante. Mais, pour l'instant, leur conception demeure majoritairement l'apanage de bureaux d'études parisiens. Quant aux enrobés drainants, destinés à réduire le volume sonore sur les voies urbaines, ils sont utilisés par les entreprises de travaux publics régionales, au même titre que d'autres revêtements. L'isolation phonique réclame elle aussi des moyens. Cloisons, faux plafonds, double vitrage sont de plus en plus souvent pris en compte dans le secteur du bâtiment.
EFFLUENTS VINICOLES
Les caves s'équipent
La cave coopérative de Sallèles-d'Aude et sa station modèle d'épuration des rejets viticoles.
D'ici à l'an 2000, les quelque 500 caves coopératives et près de 600 caves particulières de la région devront être équipées de manière à traiter leur rejets vinicoles. Un certain nombre de compétences sont donc nécessaires. Elles ne sont pas pour autant synonymes de création d'emplois. Ceci pour deux raisons. Tout d'abord, l'équipement des caves n'est qu'une adaptation ponctuelle à de nouvelles contraintes. "C'est un débouché réduit qui ne durera pas", analyse Patrick Odoul de l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse. De plus, il s'agit le plus souvent d'un glissement de compétences : les professionnels du traitement des eaux usées se retrouvent naturellement sur celui des effluents vinicoles. "Nous changeons un peu d'activité. Puisque le marché de l'assainissement va se retrécir, il y aura des transferts d'emplois", commente André Fonda, directeur de CEREG, à Nîmes, un bureau d'études spécialisé, entre autres, dans le traitement des eaux.
Les métiers mis à contribution pour traiter les effluents vinicoles sont de plusieurs ordres. Les maîtres d'oeuvre, tout d'abord, sont chargés de monter le dossier technique, d'en assurer le suivi et la réalisation. Il s'agit soit d'établissements privés - bureaux spécialisés, cabinets d'architectes-, soit d'organismes publics tels la DDE, la DDA ou les services techniques des conseils généraux. D'autres métiers peuvent être appelés en renfort. Les hydrogéologues et les géotechniciens pour les études de sol ; les fabricants ou distributeurs de matériels, peu présents dans la région, si ce n'est Péra à Florensac, dans l'Hérault ; les laboratoires de recherche et développement - publics et privés - pour la mise au point de nouvelles techniques. DDA, DRIRE et préfectures, notamment, ont aussi pour mission de contrôler les projets, tant au niveau technique que réglementaire.
Un suivi agronomique est également nécessaire, en particulier pour surveiller les parcelles recevant l'épandage. Déjà, des agents assurent le suivi des stations d'épuration. Des services d'assistance technique à l'épandage des boues devraient être créés. Pour cela, le recrutement d'un technicien spécialisé est possible dans chaque département.