LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT en Languedoc-Roussillon N°15
Juin 1997
LES ZONES HUMIDES EN LANGUEDOC-ROUSSILLON
CONNAITRE ET FAIRE CONNAITRE POUR MIEUX GERER ET PROTEGER
Les zones humides sont la première richesse et la principale originalité du patrimoine naturel du Languedoc-Roussillon.
Avec 40 000 hectares de lagunes littorales, mais aussi les rives d'un réseau dense de cours d'eau, de superbes lacs et étangs de montagne, les zones humides couvrent une grande partie du territoire du Languedoc-Roussillon.
Dans une région marquée par de fortes sautes d'humeur climatiques, elles jouent un rôle fondamental de régulation des régimes hydrauliques et de filtration biologique d'agents polluants. Elles abritent et nourrissent également une faune et une flore d'une richesse exceptionnelle. Enfin, elles ont aussi une valeur culturelle, paysagère, économique et sociologique tout simplement incommensurable.
Plus que toutes autres sources et réservoir de vie, les zones humides constituent les premières richesses du patrimoine naturel du Languedoc-Roussillon. De la Camargue aux Pyrénées, des lagunes du littoral aux lacs et étangs de moyenne et haute montagne, en passant par les rives des cours d'eau côtiers, de plaine et d'arrière-pays, elles représentent la majorité du millier de Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) inventoriées dans cette région : un fabuleux capital, jusque là préservé du pire, qu'il faut protéger et gérer avec une extrême attention.
Qu'ils soient européens, nationaux ou locaux, de nombreux outils de protection et de gestion existent. Directives Oiseaux ou Habitats, classement en réserve naturelle, schéma directeur d'aménagement et de gestion de l'eau (SDAGE) ou schéma d'aménagement et de gestion de l'eau (SAGE), arrêtés de biotope : la panoplie est déjà conséquente et certainement encore appelée à se développer. Marche arrière interdite. Des aides financières sont également accessibles dans le cadre de programmes européens ou euroméditerranéens tels
LIEE et MedWet. Les pouvoirs publics, tant nationaux qu'européens, reconnaissent aujourd'hui à sa juste valeur l'importance vitale de ces zones humides, trop longtemps sous-estimées et laissées à leur évolution "naturelle". Ils ont engagé des politiques ambitieuses afin de gérer ces. espaces en conciliant leur développement et le respect des fonctions essentielles qu'ils remplissent. Ainsi, la France a lancé depuis deux ans un "Plan d'action pour les zones humides", articulé autour de trois objectifs principaux : stopper leur dégradation, -permettre leur reconquête et garantir leur préservation durable par une meilleure gestion.
Mais, au fait, que ranger sous cette appellation générique de zones humides ? Nous retiendrons ici la typologie relative aux SDAGE et SAGE qui distingue douze types de zones humides : grands estuaires ; baies et estuaires moyens ; marais et lagunes côtiers "naturels" (lagunes, marais saumâtres et prés salés) ; marais et lagunes côtiers aménagés (marais salants, bassins aquacoles) ; petites zones humides de tête de bassin (tourbières, notamment) ; zones humides liées aux cours d'eau (zones humides connexes : bras morts) ; plaines humides mixtes liées aux cours d'eau ; étangs et ensemble d'étangs ; bordures de lacs ; marais et landes humides de plaine ; marais agricoles aménagés ; zones humides artificielles diverses.
Ce dossier que nous ouvrons aujourd'hui n'a pas pour ambition de traiter l'ensemble des problèmes posés par les zones humides en Languedoc-Roussillon, ni de présenter toutes les formes de gestion appliquées dans cette région. Volontairement, il se limite à quelques exemples concernant exclusivement des zones humides "naturelles". En toile de fond, une question centrale, clairement posée au fil de ce dossier par un professionnel du tourisme : comment inviter à la fréquentation de sites exceptionnels qu'il faut aussi protéger pour qu'ils le restent ? …