DOSSIER


Le Parc des Cévennes : restaurer l'équilibre forêt-gibier



NATURA 2000, EN CONCERTATION AVEC LES CHASSEURS



CHASSE ET TOURISME :
MARIAGE DE RAISON A LA CAMPAGNE...

    Apparu au 19ème siècle avec les grandes chasses africaines, le tourisme cynégétique reste encore en France un produit marginal. Son développement dans l'Hexagone remonte à la fin des années soixante dans certains grands domaines de Sologne ou d'Alsace (qui proposaient alors des journées de chasse liées à de l'hôtellerie de luxe : châteaux et manoirs).

    En Languedoc-Roussillon, ce tourisme à vocation cynégétique prend peu à peu ses marques. En effet, certains nouveaux produits séduisent une clientèle nationale et étrangère. C'est le cas en Lozère, où un stagiaire de la Chambre d'agriculture, Olivier Racaud, a mis en place en 1995 un projet intéressant. "Dans ce département riche en grand gibier, où la pression de chasse est faible, le tourisme cynégétique a un avenir indiscutable", confie-t-il. Un produit complet comportant le tir d'un animal par un chasseur, suivi d'un hébergement en pension complète et d'un accompagnateur sur le terrain a été mis en place dans les gorges du Tarn.

    Pour lancer une telle prestation, la première condition est de disposer de territoires sur lesquels les détenteurs du droit de chasse acceptent de rétrocéder une partie des bracelets permettant le tir des animaux. La société de chasse de Saint-Enimie, possédant une importante population de mouflons, s'est portée volontaire pour être le lieu d'expérimentation du projet. Le prix à payer pour le chasseur ? : 5.000 francs comprenant le mouflon quel que soit le trophée, l'hébergement en pension complète, le guidage et la venaison. De plus, les chasseurs ne réalisant pas leur tir, ou n'ayant pas trouvé de trophée correspondant à leur attente, ne payent que l'hébergement et ont la possibilité de revenir ultérieurement. Cette année, les nemrods étaient au nombre de 24 à avoir testé cette formule (étendue au chevreuil et bientôt au cerf). Ils commentaient : "Nous avons chassé à l'étranger pendant des années et souvent pour des prix très importants, en ignorant les richesses du patrimoine cynégétique du Languedoc-Roussillon. Nous reviendrons l'année prochaine !".

    Ce tourisme cynégétique contribue au développement économique de la Lozère touchée par la désertification. Il permet aussi aux familles des chasseurs qui les accompagnent d'aller à la rencontre des richesses de la Lozère. "Pour les uns, la randonnée ou les musées. Pour les autres, la traque du mouflon. Chacun y trouve son compte !".




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