DOSSIER

Un maître-mot : la concertation

LE RAPPORT DU CETE MEDITERRANEE SUR LES DERNIERES INONDATIONS DE L'AUDE
(résumé par Marcel Bourrat, Directeur-adjoint de la Direction des Infrastructures et des Transports à la Région Languedoc-Roussillon)

    (Photos - Office de Tourisme de Sallèles d'Aude)
    Le rapport du CETE Méditerranée (Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement) de juin 2000, commandé par la DIREN Languedoc-Roussillon, comporte l'inventaire des désordres consécutifs aux inondations des 12 et 13 novembre dernier dans l'Aude et les départements voisins. Il présente aussi les propositions, classées par priorités, d'interventions correctrices. Quatre cartes figurent dans ce rapport :

  • La carte des zones inondables, déterminées selon la méthode d'analyse hydrogéomorphologique, par interprétation stéréoscopique des photographies aériennes et observation des indices morphologiques du sol, correspondant essentiellement à des talus (qui ne peuvent pas être modifiés par une seule grande crue),

  • la carte de l'occupation du sol (agriculture, urbanisation, équipements publics) permettant d'identifier les enjeux,

  • la carte des dégâts et des manifestations morphodynamiques. Différents dégâts apparaissent, notamment la destruction du couvert végétal et les manifestations de la dynamique fluviale (brèches, érosion de berge, atterrissements, formation de nouveaux chenaux d'écoulement…).

  • la carte des propositions d'intervention, classées par priorité, sachant que celles de première urgence ont été faites dès le début février, afin de prévenir toute accentuation des désordres en cas de survenance d'un autre événement (embâcles à éliminer, bois abattus et déséquilibrés, atterrissements à évacuer, entailles d'érosion, mesures de sauvegarde sur les bâtiments, infrastructures à rétablir, études pour des mesures de redéploiement urbain).

    Les travaux de deuxième et troisième urgence, correspondant à des actions localisées, dans le premier cas, et à des actions généralisées, dans le second, devront être réalisés après étude spécifique. Il conviendra alors d'éviter la réalisation d'ouvrages de protection lourds, de tenir compte de l'enseignement du passé (certains ouvrages sont à l'origine de phénomènes d'amplification des dégâts), de respecter des zones de liberté et de mobilité et d'aménager des zones d'expansion de crues.

    Cette étude va permettre d'orienter l'action des maîtres d'ouvrage et, pour les financeurs, d'apprécier la validité des dossiers qui leur seront présentés. Quelques mots de commentaire : cet inventaire a permis de vérifier la coïncidence entre les limites de l'analyse hydrogéomorphologique et les limites données par les laisses de crue de novembre 1999, mais aussi, ce qui était moins évident, de découvrir que les crues historiques connues (1930) et l'évaluation de la crue centennale pouvaient donner des indications erronées aux aménageurs, tentés de coloniser les lits majeurs des cours d'eau (c'est la raison pour laquelle plus de 2000 habitations sont particulièrement exposées).

    La deuxième observation concerne la mise en cause des concepts traditionnels d'aménagement lourd et la difficulté de réaliser des travaux ponctuels de protection sans perturber gravement le fonctionnement d'un bassin.

    Contact :
    Marcel Masson (Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement Méditerranée) : 04 42 24 76 76


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