GRANDS EQUIPEMENTS ET AMENAGEMENT DES COURS D'EAU
Nîmes ou la maîtrise des cadereaux
Le 3 octobre 1988, au pied de la Maison Carrée à Nîmes (Photo Claude Corbier) |
A l'issue de cette catastrophe, une commission scientifique va rapidement étudier la meilleure solution de protection pour Nîmes. Plusieurs projets sont envisagés, comme la construction de grands barrages en amont de la ville, l'aménagement complet des cadereaux 1 ou la création de grands tunnels qui auraient canalisé l'eau en dehors de la cité. C'est une autre solution beaucoup moins onéreuse qui a été choisie, et qui est mise en œuvre depuis 1989.
Elle passe principalement par la mise en place de bassins de retenue sur les cadereaux. Ceux-ci constituent l'exutoire d'une série de bassins versants venant converger vers le centre ville. Cadereau d'Uzès, d'Alès, du Valladas, de la Fondre, de Camplanier… Tous descendent des collines qui forment un amphithéâtre naturel autour de Nîmes. Pourquoi le choix de bassins de retenue ? " En cas de pluie modérée, l'eau s'infiltre classiquement par le sol. Mais lorsque la précipitation est plus persistante, au lieu de filer à grande vitesse le long des cadereaux, le bassin de retenue se remplit et joue un rôle de régulateur.
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A Nîmes, le bassin de retenue Roquemaillère (en amont) (Photo - Ville de Nîmes) |
Cela permet aussi de retarder la crue et donc de donner plus efficacement l'alerte ", confie Sabine Bonneaud, Ingénieur subdivisionnaire du Service assainissement de la ville de Nîmes. Ainsi, à la différence d'un barrage, un bassin de retenue reste vide pendant la majeure partie de l'année. 24 bassins de ce type seront construits en amont de la ville. 12 sont déjà en service (bassin de la République, du Vallat Riquet, de l'Aérodrome..) et ont prouvé leur efficacité. Parallèlement, on aménage les cadereaux pour éviter l'inondation des maisons riveraines. On va aussi renforcer les débits des canalisations primaires sous le centre ville.
De même, les fossés aval seront aménagés et 11 bassins de retenue seront construits au sud du boulevard Allende, afin de ne pas aggraver la situation des communes aval. Enfin, la collectivité incite fortement les professionnels du bâtiment et les propriétaires de terrains privés à aménager des dispositifs de retenue d'eau sur leur parcelle comme cela se faisait autrefois. " Ce Plan de protection, d'un coût de 1 075 millions de francs est co-financé par la Ville, l'Etat, la Région et le Département. Il permettra la protection de Nîmes pour une pluie d'occurrence de 40 ans et de 100 ans dans la plaine jusqu'au Vistre ".
1 Ce terme typiquement nîmois désigne un ruisseau qui fonctionne à la manière d'un oued africain. C'est un ravin sec la plupart du temps et un véritable torrent lors de fortes précipitations.
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