DOSSIER

Haro sur les plastiques et les phytos


(photo Claude Corbier)


LA PAROLE AUX COLLECTEURS

A ce jour, près de 150 collecteurs de déchets profes-sionnels sont installés dans le Languedoc-Roussillon. Certains d’entre eux sont conventionnés par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse. « Depuis 1989, nous aidons les petits producteurs de déchets en allé-geant, via notre réseau de collecteurs conventionnés, la facture de leur élimination. Ce soutien financier peut aller jusqu’à 40% du montant de la prise en charge », explique Alain Beyssac, responsable du groupe déchets à l’Agence de l’Eau2 . Toutefois, ces entre-prises de collecte, bien entendu incontournables dans toute la filière, rencontrent quelques difficultés dans l’exercice de leur métier. Michel Thollet, directeur de la société Fournier, spécialisée dans la récupération des déchets de pressings (2 000 clients dans la France entière) confie : « Nous avons une législation de plus en plus lourde dans le contrôle, l’étiquetage et le suivi du produit. Pour donner un exemple sur les boues de perchloréthylène des pressings, la loi est bien moins restrictive pour le produit neuf à utiliser que pour les déchets à récupérer (alors qu’ils ne contiennent que 40% de la matière active du produit neuf). Un enca-drement trop strict est un frein à l’élimination massive des déchets des entreprises». De son côté, Boris Azam, attaché commercial au sein de la société ATO, à Sommières, explique que le problème numéro un dans son activité est de trouver un centre de traite-ment des déchets dans la région à des tarifs convenables.
En effet, son entreprise récupère chaque année près de 12 000 tonnes de déchets industriels spéciaux et banaux dans le sud de la France. « Le Languedoc-Roussillon est très mal doté en sites de traitement, et il faut donc souvent se déplacer vers des régions voisines. Ce coût supplémentaire alourdit la prise en charge des déchets qui devient alors rédhi-bitoire pour nos clients. Tout le système se grippe ». Cette implantation insuffisante prend toute sa dimen-sion par la voix de Frédéric Cullard, directeur de l’entreprise qui porte son nom et qui récupère principa-lement des huiles usagées. « A ce jour, mon souci le plus aigu est de trouver un site pour mon entreprise qui grandit », confie ce patron qui a vu son activité croître en partie grâce au décollage de l’opération Garage propre en Languedoc-Roussillon.
« J’ai dû stopper un projet très avancé d’implantation de mon entreprise à Baillargues, dans l’Hérault, à la suite d’une vive opposition des riverains. Pourtant, ce dossier avait reçu un avis technique favorable de toutes les instances concernées. Plus que jamais, les industriels du traitement des déchets attendent un signe fort de la part des pouvoirs publics pour faciliter leur installation. Sinon, nous risquons d’aller tout droit dans le mur… ».

2 Une plaquette détaillant ces aides est disponible à l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse (pour l’adresse, se reporter à la rubrique « Pour en savoir plus »).




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