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![]() (photo Sylvie Carles) |
![]() (photo Benoît Lecomte)
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RECONQUETE VITICOLE EN MILIEU FORESTIERAu cours de sa longue histoire viticole, le Languedoc aura connu une série d’alliances et de désamours entre ses vignobles et ses forêts ou garrigues environnantes.Au XVIIIème siècle, les terres bordant les villages de la région sont couvertes de champs, complantés de vergers (amandiers, figuiers) et de céréales. La culture de la vigne est alors strictement reléguée aux terrains pauvres gagnés sur la garrigue. En 1731, une loi interdit même toute nouvelle plantation de vignes sur les bonnes terres arables, afin de prévenir toute disette d’orge ou de blé… Plus tard, au XIXème et XXème siècles, c’est exactement le contraire qui se produit : la vigne abandonne les territoires plutôt forestiers où on l’avait cantonnée pour envahir la plaine, les terres fertiles et riches. C’est l’époque où le Languedoc produit un vin de masse allant abreuver la France entière, avec des rendements aussi importants qu’est faible la qualité de la boisson produite. Aujourd’hui, nouveau retournement de l’histoire : avec la révolution viticole amorcée voici 25 ans environ, une nouvelle reconquête des garrigues et des bois par les vignes s’organise. La plaine arrache pendant que les coteaux défrichent… L’idée est de planter un vignoble dans une terre difficile, où le cep va souffrir et produire un vin à faible rendement, mais de grande qualité, avec une bonne charpente et une richesse en arômes et tanins. Autre intérêt, la proximité de plantes odoriférantes. La pruine des baies de raisins capte et fixe les essences volatiles des fenouils, thyms et autres cistes que l’on retrouve plus tard à la dégustation. Via un partenariat avec l’Institut technique du vin et la Chambre d’agriculture de l’Hérault, la cave coopérative de Cabrières (Hérault) commercialise depuis cet automne un cru spécial issu de parcelles dites « engarriguées », les essais de microvinifications des années précédentes ayant donné des résultats remarquables. Comme nous le signalions précédemment, le retour de Vitis vinifera sur les coteaux boisés de la région permet aussi la formation de coupures vertes qui ont prouvé leur efficacité dans la lutte contre les incendies. Enfin, il faut souligner qu’un processus de relocalisation des vignobles vers les coteaux boisés est amorcé pour se soustraire aux inondations. Certains vignobles dans l’Aude (et probablement bientôt dans le Gard) délaissent des zones de basses plaines et lits majeurs des rivières pour des lieux qui ne sont pas touchés par la colère des eaux. Toutes ces réflexions sont analysées dans les Ateliers du paysage viticole, organisées par l’AME, dans le cadre du futur Institut Méditerranéen du Paysage. Ces séminaires de travail, auxquels participent vignerons, techniciens agricoles, experts universitaires… permettent d’engager une réflexion collective sur les opérations de reconquête ou de relocalisation des vignes sur les garrigues ou coteaux forestiers. Celle-ci sert de base, entre autres, à l’écriture d’un guide sur la gestion des paysages viticoles en Languedoc-Roussillon, dont la sortie est prévue pour juin 2003. |
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