DOSSIER

Le développement difficile de la trufficulture

L’AIGOUAL ET SES ARBORETA

A 1567 mètres d’altitude, depuis la table d’orientation aménagée sur la tour de l’observatoire météorologique du mont Aigoual, une vue incroyable s’offre (par beau temps) à l’heureux visiteur qui s’y aventure : plus d’un quart de la France ! Mais le spectacle serait-il aussi à ses pieds, au cœur des forêts sombres et impénétrables qui habitent le massif ?
Car le promeneur ignore probablement qu’un siècle auparavant, ce mont granitique qu’il a arpenté avant de venir était aussi pelé que le dos de sa main. Au cours des siècles, la transhumance, l'activité des verreries, des fonderies et l'exploitation intensive du bois de chauffage avaient fait de l'Aigoual un véritable désert.
Son reboisement sera initié par l’enfant du pays, Georges Fabre. Ce garde général des Eaux et Forêts prouva, en 1875, qu'une partie du sable qui comblait le port de Bordeaux provenait de l’érosion des pentes de l'Aigoual. Il lança alors un immense et difficile chantier de reboisement. Le domaine forestier passera de 111 ha en 1874 à 16 000 ha aujourd’hui. Georges Fabre, aidé du scientifique Charles Flahaut, créa une dizaine de sites forestiers au sein de l’Aigoual pour expérimenter de nouvelles essences.
Ces arboreta, cent ans après leur naissance, sont aujourd’hui des havres de paix et des lieux d’une grande richesse botanique, à l’image de l'Hort de Dieu (jardin de Dieu).
Sur ce site de 21 hectares, au col de Prat Peirot, le Pin de Weymouth, le Cèdre du Liban, le Mélèze de l'Himalaya, l’Épinette du Canada, le Sapin de Douglas, le Séquoia géant ou le Cèdre rouge… ont planté leurs racines dans un sol qui ne leur était point hostile.
C’est surtout la situation climatique de l’Aigoual (au carrefour des influences méditerranéennes, atlantiques et continentales) et ses abondantes précipitations (deux mètres cinquante d’eau par an, les plus importantes de France) qui ont facilité la pousse de ces espèces exotiques. Non loin, on peut aussi aller à la rencontre de l'arboretum de la Foux, à proximité de l'abîme de Bramabiau, où de très nombreuses essences ont été introduites entre 1900 et 1910 parmi les peuplements de pins et de mélèzes qui constituent la base des formations forestières. On peut également visiter le sentier des arbres et des arbustes de Saint-Sauveur-des-Pourcils ou l’Arboretum de Puechagut qui possède un très beau peuplement de séquoias.

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