La Lettre de l'environnement
En Languedoc-Roussillon
Mars 2003 - N°38

QUALITE DES EAUX ET PRATIQUE DU METIER :
QUELLES PISTES POUR LES PECHEURS ET CONCHYLICULTEURS DU LANGUEDOC-ROUSSILLON ?


Pêcheur sur l’étang de Canet (Pyrénées Orientales)
(photo Paul Palau)
EDITORIAL


Les étangs littoraux et les eaux côtières font vivre en Languedoc-Roussillon de nombreux pêcheurs et conchyliculteurs. Longtemps seuls occupants humains d’un littoral ressenti comme insalubre et impénétrable, ces professionnels ont été rejoints par de nouveaux acteurs souvent liés au développement touristique. Métiers faits de science et de courage, la pêche et la conchyliculture donnent son originalité et sa saveur à notre territoire côtier.

Ils puisent leurs ressources dans un patrimoine écologique formidable, là où les eaux douces rejoignent les eaux marines dans un mouvement créateur de richesse.

Aujourd’hui certaines évolutions ont des effets négatifs sur la qualité des eaux : urbanisation massive, pression touristique, production croissante de déchets liquides et solides (domestiques, d’entreprises)... Cette nouvelle situation a entraîné des progrès scientifiques considérables dans la connaissance des phénomènes et dans les méthodes pour progresser. Il n’empêche que la science est en permanente évolution et qu’elle n’a pas réponse à tout, en particulier quand on s’interroge sur la « longue durée », celle du développement durable. Par ailleurs le transfert de ces connaissances vers la pratique professionnelle n’est pas toujours aisé. La tâche est d’autant plus difficile que les producteurs marins doivent se situer dans un contexte mondial, européen et méditerranéen qui comporte plus d’interrogations que de certitudes.

Aussi était-il essentiel que les problèmes soient bien posés, que les objectifs à long terme soient définis, que les bons outils soient inventés. C’est chose faite avec le Cépralmar, qui, animé par la Région, sait réunir, pour l’action, les professionnels et les responsables de politiques publiques. Au-delà de l’aide apportée aux filières de production, son travail se traduit sur le terrain dans les réseaux de suivi de la qualité des eaux, les contrats d’étangs, les structures de gestion impliquant tous les acteurs.

La pêche et la conchyliculture sont parmi les très rares métiers dont la vie est totalement et directement liée à la qualité du milieu dans lequel ils s’exercent. Les pêcheurs et les conchyliculteurs en garantissant la qualité des milieux garantissent aussi la santé des consommateurs. C’est cette situation que nous abordons aujourd’hui dans le dossier de la Lettre de l’Environnement.

Notre conclusion est simple : les pêcheurs et les conchyliculteurs témoins irremplaçables de la qualité des eaux lagunaires et côtières doivent, à tout prix, garder leur place en Languedoc-Roussillon. Pour leur bonheur, pour celui des amateurs de poissons et de coquillages, mais aussi pour le bonheur des naturalistes, des amateurs de chasse et de pêche à la ligne... et pour le bonheur des poètes.

Charles Denicourt, Président de l’AME.


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