CULTURE ET NATURE DANS LES TERRES DU LANGUEDOC-ROUSSILLON
Course camarguaise.
(photo Claude Bertrand)
A l’occasion des 11èmes Assises de l’environnement
en Languedoc-Roussillon, notre trimestriel plonge au cœur
des relations particulièrement riches entre culture, territoires
et environnement. Pour prendre le pouls de ces différentes
composantes dans la région, nous partons à la rencontre de hauts
lieux de notre patrimoine – œuvres conjuguées de l’homme et
de la nature – comme le pont du Gard, les cités de Mont-Louis et
Villefranche-de-Conflent ou encore le pays d’art et d’histoire de
Pézenas. Des pratiques culturelles fortes, comme la fabrication des
fourches, la pêche à l’anguille ou la bouvine en petite Camargue, sont
à leur tour explorées au sein des territoires qui les portent.
Enfin, La Lettre de l’Environnement en Languedoc-Roussillon offre un
regard complice sur des créations culturelles en relation étroite
avec la nature, qu’il s’agisse de jardins d’exception, d’opérations
de sensibilisation à la gastronomie régionale ou de littérature orale.
C’est probablement vers 5 à 6 000 ans avant
notre ère, au Néolithique, qu’aurait démarré
l’étroite combinaison, la lente imbrication et
savante alchimie de ce triptyque « culture, territoires
et environnement ». Comme un tableau
en trois volets qui se complètent, ces notions de
culture, d’environnement et de territoires commencent
à grandir et s’interpénétrer de façon
étroite jusqu’à devenir indissociables. « Dès cette
époque, l’homme se sédentarise, il devient agriculteur,
éleveur, bâtisseur. Il commence à aménager et
marquer son territoire, à transformer le paysage. Il
adapte l’espace à ses besoins, ses usages », explique
Jean-Pierre Besombes-Vailhé, Chargé de mission
culture-environnement à l’AME. Au fil des
siècles, le lien à ce territoire que l’homme modèle
va se renforcer. Soucieux d’exploiter et d’aménager
les espaces gagnés sur la nature, il va élaborer
des techniques agricoles et artisanales, développer
des modes de vie, des pratiques sociales... Cette
adéquation nature-culture va prendre une
dimension particulière en Languedoc-Roussillon.
« Entre mer et haute montagne, le pourtour méditerranéen
se distingue par une remarquable diversité
écologique de ses territoires. Il se caractérise aussi par
une présence très ancienne de l’espèce humaine sur
son sol et un brassage constant de populations au
cours de son histoire », commente Bernard Picon,
sociologue et directeur de recherches au CNRS.
Toutes ces composantes – variété des milieux,
vieille présence et diversité d’origine des
hommes... – seront donc très tôt la source de
savoir-faire, de traditions locales, véritables éléments
de civilisation, qui font aujourd’hui toute la
richesse du patrimoine culturel. « Paradoxalement,
si certains pans de cette culture ont disparu ou s’étiolent,
d’autres sont réactivés grâce à l’apport de populations
exogènes, souvent urbaines. Elles se réappropient
ces usages et traditions et les font revivre ».
Mode passagère ou mouvement de fond durable ?
Comme à chaque fois, l’histoire tranchera. En
attendant, partons à la découverte de quelques
monuments de la culture du Languedoc et du
Roussillon.