Biologie des plantes envahissantes
Il n’existe pas de profil type de la plante envahissante. Il peut s’agir aussi bien d’annuelles, de vivaces, d’arbustes que d’arbres.
Toutefois, quelques traits communs peuvent être identifiés :
reproduction sexuée et/ou végétative très performante,
propagation souvent favorisée par les activités humaines,
période de latence de plusieurs décennies entre l’introduction de l’espèce et sa prolifération.
Oponces ou Figuiers de Barbarie - (Opuntia spp).
Les espèces envahissantes favorisées par la perturbation des milieux
L’invasion par certaines espèces est déterminée ou accentuée par le dysfonctionnement de l’écosystème dans lequel elles prolifèrent. Le dysfonctionnement d’un écosystème est la conséquence de perturbations d’origines naturelle ou artificielle. Si la perturbation est mesurée et de durée limitée, on parle de « stress ». Une gelée printanière, une brusque montée des eaux, une intempérie violente,…
Les perturbations d’origine naturelle sont, par exemple, une éruption volcanique, un incendie,… Celles d’origine artificielle sont : la déforestation massive, l’épuisement des terres, les pollutions, les inondations… entraînant une fragilisation des écosystèmes et une disparition des espèces les moins résistantes. L’explosion démographique soudaine d’une espèce peut donc mettre en évidence un dysfonctionnement du système, d’origine naturelle ou artificielle.
Les plantes envahissantes s’installent et se propagent, en premier lieu, dans les habitats instables et modifiés par l’homme comme les champs cultivés, les vergers, et les jardins ou les friches urbaines et périurbaines, les bords de route… Après un temps de latence, pendant lequel la population augmente, l’espèce gagne les habitats naturels ayant subit des perturbations.
On trouve également des plantes envahissantes dans des habitats peu ou pas perturbés. Dans la région méditerranéenne, les forêts le long des courts d’eau (ripisylves) sont sujettes aux invasions de Faux-indigo, de Balsamine de l’Himalaya, de Renouée du Japon ou d’Arbre aux papillons. Ce phénomène est dû aux conditions climatiques propres à ce type d’écosystème où la sécheresse estivale est absente. Le Mimosa d’hiver a été capable de se développer sur les sols acides de Provence. Quelques succulentes telles que les Figuiers de Barbarie ou les Griffes de sorcière sont maintenant présentes dans les zones les plus chaudes du bassin méditerranéen...