BILAN D’ACTIVITE 2003
de l’Agence Méditerranéenne de l’Environnement

V DECHETS
Marjorie Salaün
Chargée de Mission

Les déchets des professionnels

    LE DISPOSITIF INTERCONSULAIRE
    La convention de partenariat technique et financier, concernant les trois Chambres consulaires régionales, l’AME, la Région, l’ADEME et l’Agence de l’Eau RMC signée en 2001 arrive à son terme fin 2003. Un bilan technique, humain et financier, ainsi que des perspectives de travail à partir de 2004 ont été établis. Le partenariat technique construit depuis plusieurs années a vocation à se poursuivre. En revanche les modalités de financement vont suivre des logiques de projets bien définis techniquement, opérationnels et limités dans le temps plus qu’une logique d’accompagnement global.

    Contact: Marjorie Salaün

    LES DÉCHETS AGRICOLES
    L’A.M.E. a mis en place en 1999 un partenariat avec la Chambre Régionale d’Agriculture sur le thème “Agriculture et Déchets”. L’objectif est d’accompagner, au niveau régional, des actions de gestion et de valorisation des déchets dans le domaine agricole. Les déchets concernés sont:
    - les plastiques agricoles,
    - les emballages de produits phytosanitaires (EVPP),
    - les produits phytosanitaires non utilisés (PPNU),
    - les matières organiques,
    - les effluents phytosanitaires.
    Un guide pratique sur l’organisation de ces collectes a été élaboré par la Chambre Régionale. Il sera disponible fin 2003.

    Les plastiques agricoles
    Les opérations de collecte des plastiques de paillage de melons et asperges se sont poursuivies cette année pour la cinquième campagne, avec les organisations de productions fédérées par la Fédération Languedocienne de la Coopération Fruitière et Légumière et des gros producteurs de melon. Les quantités collectées sont sensiblement équivalentes à celle de l’année dernière (environ 2500 tonnes en 2002). Le gisement régional actualisé s’élève à 10000 t/an. Le gisement mobilisable et collecté à travers les organisations de producteurs a atteint son rendement maximum et représente 25 % de ce gisement.

    Les emballages vides de produits phytosanitaires (EVPP)
    2002 a été l’année de mise en place d’une filière de récupération des EVPP au niveau national. La Société ADIVALOR a mis en place via le réseau des distributeurs, une filière nationale de collecte des EVPP. La Chambre Régionale coordonne les opérations au niveau régional.

    Les produits phytosanitaires non utilisés (PPNU) Une étude régionale sur le destockage de ces produits a été conduite par la Chambre Régionale sur 18 mois.Elle a abouti à la définition d’une organisation,d’une simulation budgétaire, et à la mobilisation des organismes moteurs de projets au niveau local. Ainsi, le premier destockage a lieu en novembre 2003 dans les Pyrénées Orientales, porte par la MIVADA. En février 2004, la Chambre d’Agriculture de l’Aude mènera le destockage sur le département. Le département de l’Hérault devrait suivre en 2004, puis le Gard et la Lozère en 2005.

    Les matières organiques
    Un guide pratique sur la valorisation des fruits et légumes (retraits et écarts de tri) a été élaboré par la Chambre Régionale. Il sera disponible fin 2003.

    Les effluents phytosanitaires
    Cette problématique fort importante en région a mobilisé la Chambre Régionale d’Agriculture au sein d’un groupe de travail réunissant les divers partenaires concernés. Deux plaquettes d’information sur les aires de remplissage à destination des communes (équipements à prévoir) et des agriculteurs (les bons gestes) et pour les agriculteurs sur le rinçage des pulvérisateurs à la parcelle, sont en cours d’élaboration.

    Contact: Marjorie Salaün

    LES DÉCHETS ARTISANAUX
    Dans le cadre du partenariat avec les Chambres Régionale et Départementales de Métiers et organisations professionnelles artisanales du Languedoc-Roussillon, les actions engagées avec les professionnels de l’artisanat se poursuivent:

    Opération “Pressing Propre en Languedoc-Roussillon
    Après le bilan quantitatif de l’opération en 2002, l’évaluation de cette opération, par une compétence extérieure, sera terminée en début d’année 2004. Elle permettra d’en retirer des éléments de prospective pour les opérations en cours et à venir sur la mise en place d’opérations collectives.

    Opération “Garage Propre en Languedoc-Roussillon
    L’activité des quelques 3000 entreprises d’entretien et de réparation des véhicules automobiles que compte le Languedoc-Roussillon génère 30000 tonnes de déchets par an (huiles de vidange, filtres, liquides de refroidissement, boues de peintures, batteries, solvants…), dont 10000 tonnes de toxiques et 20000 tonnes de banals. Les pratiques en désaccord avec la réglementation étaient monnaie courante.
    Les professionnels de l’automobile, conscients de l’enjeu que représente la prise en compte de l’environnement, se sont mobilisés pour organiser une gestion (collecte, valorisation et élimination) plus rigoureuse de ces déchets. Le coup d’envoi de cette opération “Garage Propre en Languedoc-Roussillon” a été donné en janvier 2001.
    Plus de 500 professionnels, ont émis le souhait d’adhérer à cette démarche en décembre 2003 (date de clôture de l’opération). 300 ont respecté le cahier des charges (conformité sur site, appel à des filières référencés en région). Plus de 2200 tonnes de déchets toxiques ont ainsi été récupérées auprès de ces professionnels.
    http://www.cm-languedocroussillon.fr/crm/ent/environnement.asp

    Etude “Garage Propre et maîtrise de l’Energie”

    Plaquette.
    Dans le prolongement de l’opération “Garage Propre en Languedoc-Roussillon” menée sur l’aspect déchets, une étude déclinée sur l’aspect maîtrise de l’énergie dans la profession automobile a démarré en février 2002. Elle s’appuie tout d’abord sur la réalisation de pré-diagnostics énergétiques de 13 “Garages Propres” par un consultant spécialisé. Elle permet ensuite de faire une évaluation des gisements d'économies d’énergies envisageables et de réaliser une étude technique exhaustive des matériels performants pour la profession. Il ressort tout d’abord une attitude économe spontanée sur cet aspect mais également de nombreux postes d’amélioration envisageables (cabine de peinture pour les carrossiers, l’air comprimé, l’éclairage, la mise en place d’un système de gestion de l’énergie). Cette étude, pilotée par l’AME, l’ADEME et les professionnels est relayée par les Chambres de Métiers et Syndicats Professionnels.
    Après cette première phase, un programme d’information sur le volet “garage et maîtrise de l’énergie” pour décrire les bonnes pratiques et inciter l’ensemble de la profession automobile à se lancer dans une démarche de maîtrise de l’énergie est mis en place. Il démarre par l’édition d’un guide pratique similaire à celui réalisé sur l’aspect déchets et diffusé aux 3000 professionnels de la filière ainsi que par la mise à disposition de fiches techniques sur les postes de travail (cabine de peinture, compresseur, sécheurs…) et sur le bâti des ateliers au cours des étapes de vie de toute entreprise (création, développement, rénovation, transmission).


    Plaquette intérieur.

    Opération REFLEXNATURE “collecte des déchets dangereux des Métiers graphiques (Imprimerie et photographie)”
    Un état des lieux précis a été mené en étroite relation avec les Syndicats professionnels de l’imprimerie et de la photographie et les Chambres de Métiers de la région de mars 2002 à septembre 2002. Il a permis d’estimer le gisement des déchets générés par l’ensemble des professionnels des métiers graphiques et de déterminer leurs pratiques actuelles, leurs besoins et les filières d’élimination de déchets à développer en région.
    Il a également apporté l’ensemble des éléments permettant la mise en place d’une opération collective de meilleure gestion de leurs déchets dont le lancement a eu lieu le 19 mai 2003 lors de la journée des Métiers graphiques à Montpellier.

    Les axes principaux de ce plan d’action sont:
    -une campagne d’information et de sensibilisation auprès des professionnels, via les relais départementaux que sont les Chambres de Commerce et d’Industrie, les Chambres de Métiers et les Syndicats départementaux dans l’ensemble de la région durant les mois de septembre et d’octobre,
    -des diagnostics complets des situations dans les entreprises seront également menés pour identifier les meilleures solutions à retenir pour les chefs d’entreprises pour l’élimination de leurs déchets,
    -divers appuis financiers et logistiques seront apportés pour inciter un maximum de professionnels à participer à l’opération. Citons par exemple une aide à l’élimination des déchets toxiques apportée par l’Agence de l’Eau, via son réseau de collecteurs conventionnés. On y ajoutera un soutien financier de l’Etat et de l’Agence de l’Eau, à l’équipement de cuves, raccordées au process des entreprises, pour stocker les déchets concernés,et enfin une aide à l’utilisation de chiffons recyclables,émanant de la Région Languedoc-Roussillon, pour inciter les professionnels à utiliser cette “technologie propre” et produire moins de déchets souillés.
    Un premier bilan de cette opération sera effectué avec l’ensemble des partenaires en début d’année 2004
    http://www.cm-languedocroussillon.fr/reflexnature/index.asp

    Déchets des Peintres en Bâtiment
    En complément des actions menées par les professionnels du bâtiment dans chaque département (mise en place de schémas de gestion des déchets inertes et banals du B.T.P), le niveau régional est jugé pertinent par les syndicats artisanaux du bâtiment, les Chambres de Métiers et les partenaires de l’AME sur les déchets des professionnels (ADEME,Agence de l’Eau, Direction Régionale de l’Equipement) pour amorcer une réflexion spécifique en direction des métiers de la peinture afin de favoriser:
    - la réduction à la source des produits usagés,
    - la bonne élimination des déchets toxiques issus de l’activité de peinture en bâtiment,
    - l’utilisation de solutions alternatives à certaines peintures actuelles par les artisans.
    Un état des lieux sur 6 mois a permis d’identifier les points suivants:
    -les 1800 professionnels de la peinture en bâtiment génèrent près de 1000 t/an de déchets toxiques (essentiellement des résidus de peinture et emballages souillés), -les pratiques sont multiples,
    -les filières de collecte et de traitement des produits usagés existent en région mais sont sous-utilisées,
    -les professionnels de la peinture manquent d’information quant aux solutions alternatives aux peintures classiques.

    Durant l’année 2003, diverses expérimentations ont eu lieu:
    -à l’initiative de 6 fournisseurs qui ont mis en place un système ponctuel de reprise des résidus de peintures et pots usagés des professionnels qui s’approvisionnent chez eux. Ils ont ainsi permis à environ 220 peintres de faire récupérer plus de 40 tonnes de déchets,
    -à l’initiative de quelques collectivités locales ayant la volonté de prendre en charge conjointement les déchets d’activités professionnelles avec ceux des ménages.

    Les objectifs du futur plan d’action sont:
    -sensibiliser les professionnels à une bonne utilisation des produits utilisés, leur impact sur la santé et une bonne gestion des déchets générés (cf. chapitre Environnement et Santé).
    -présenter l’ensemble des solutions existantes sur le territoire régional (reprise par des fournisseurs, des collectivités, des négociants en matériaux, des plates-formes de recyclage des déchets du B-T-P, des collecteurs…),
    -présenter des équipements permettant une réduction de la quantité de déchets produites à la source.

    Contact: Bruno Garde
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