LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT
en Languedoc-Roussillon N°17


RECHERCHE ET ENVIRONNEMENT
EN LANGUEDOC-ROUSSILLON


Comment les chercheurs installés en Languedoc-Roussillon éclairent-ils les grandes ou petites questions environnementales qui se posent ici ?
La recherche appliquée est-elle fortement orientée vers ces demandes locales ? La communauté scientifique régionale est-elle beaucoup ou peu sollicitée par les collectivités ? Quelle est sa réelle contribution ? A partir de cas concrets, ce dossier propose quelques réponses à ces questions.


Chercher à comprendre, informer, conseiller : quel que soit le domaine concerné, l'apport du scientifique dans l'aide à la décision peut être précieux. Certes, en France - troisième puissance au monde en terme de recherche - comme sous beaucoup d'autres cieux, la communauté scientifique est bien plus tournée vers la recherche fondamentale que vers la recherche appliquée. Le Languedoc-Roussillon n'échappe pas à cette règle, même si cette région modeste à certains égards se classe en cinquième position nationale en matière de recherche publique : avec ses 5 500 chercheurs et doctorants, le Languedoc-Roussillon jouit d'une exceptionnelle concentration de matière grise.
Si ces "têtes chercheuses" ne sont donc pas toutes, très loin de là, orientées vers des problématiques régionales et environnementales, certaines sont fréquemment sollicitées dans ce sens et parfois depuis de nombreuses années. Ainsi, depuis 1985, la Commission scientifique régionale des étangs est régulièrement saisie par des collectivités ou des services de l'État pour des avis ponctuels, des exercices de prospective ou le suivi d'opérations. Depuis sa création, le Parc National des Cévennes a également son Comité scientifique, étroitement associé à toutes les grandes décisions de gestion.
"Le chercheur peut et doit apporter des éléments d'aide à la décision, mais il ne doit pas confondre son rôle avec celui du décideur", souligne avec force le Pr Jean Bontoux, membre du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France, professeur d'hygiène et d'hydrologie à la faculté de Pharmacie de Montpellier. "Le rôle du scientifique est de cerner les incertitudes et d'en informer les politiques à qui il revient ensuite de décider en effectuant des choix", poursuit le Pr Bontoux, qui est aussi et notamment président de la Commission scientifique régionale des étangs.
Bien entendu, il était impossible au fil des quelques pages suivantes de rendre compte de tout l'apport de la communauté scientifique régionale aux acteurs et décideurs de l'environnement. Ce dossier se limite forcément à quelques exemples concrets de collaboration fructueuse : que toutes les équipes de chercheurs habituées à l'ombre des laboratoires ne nous tiennent pas rigueur de... les y avoir maintenues. Jusqu'à une prochaine occasion d'y remédier en braquant cette fois-ci les projecteurs sur certaines d'entre elles...


Parc National des Cévennes
LE ROLE D'AIGUILLON DU COMITE SCIENTIFIQUE

Depuis la création du Parc National des Cévennes, son Comité Scientifique est un acteur essentiel et parfois incommode dans la mise en place des différentes politiques d'environnement. "A la demande de la direction du Parc, nous donnons régulièrement des avis sur des dossiers liés à la gestion de l'environnement, explique Jean-Noël Lhéritier, président du Comité et administrateur du Parc depuis une vingtaine d'années. Quand le conseil d'administration du Parc élabore son programme d'aménagement, nous y prenons une part prépondérante en validant, au plan scientifique, l'opportunité de telle ou telle mesure". Le Comité Scientifique peut intervenir, par exemple, pour l'élaboration d'une meilleure gestion du paysage avec le maintien d'exploitants agricoles en zone centrale ou la préservation d'espèces remarquables. "Notre rôle est de débattre et de prendre des initiatives sur des programmes de recherche finalisée ou appliquée, poursuit le président du Comité Scientifique. Avant de lancer un programme de gestion forestière, il est nécessaire par exemple, d'identifier les milieux, les essences, la diversité des situations".
Des scientifiques d'horizons divers se côtoient au sein du Comité : un sociologue, un spécialiste de l'histoire cévenole, un historien, un économiste, un botaniste, un géographe... A l'exception d'un programme sur la châtaigneraie cévenole, l'interdisciplinarité n'est pourtant pas fréquente : "Il est toujours difficile de conjuguer sciences biologiques et sciences humaines dans le domaine de l'environnement, estime Jean-Nöel Lhéritier. Par contre, nous organisons des rencontres de terrain, par exemple avec les forestiers. C'est un moment privilégié où les différentes disciplines se mettent à l'écoute des acteurs. L'écologie est, avant tout, une science de synthèse".


Elu et scientifique
QUAND L'UN EST L'AUTRE

Raymond Couderc est maire de Béziers, Yves Piétrasenta maire de Mèze, dans l'Hérault. Tous deux ont la particularité d'être des scientifiques. Le premier est professeur de géographie à l'Université Montpellier III et responsable d'un Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées (DESS)* d'aménagement rural. Le second est professeur à l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Montpellier et directeur du Laboratoire de chimie appliquée. Chacun, à sa manière, utilise dans le cadre de ses fonctions municipales sa spécialité scientifique : "Mon expérience de géographe me permet d'appréhender les problèmes avec une dimension spatiale, avec une capacité de synthèse qui facilite la compréhension de questions globales, estime Raymond Couderc. J'ai aussi le réflexe de dire la vérité : par exemple, de nombreux charlatans ou ignorants pensent pouvoir supprimer les inondations de la vallée de l'Orb par la simple construction d'un barrage alors que les interactions sont complexes".

Le chimiste Yves Piétrasenta aide t-il le maire de Mèze ? "La chimie m'a appris que tout dysfonctionnement est la résultante d'une trop grande consommation d'énergie, tant sur le plan social que scientifique. Pour équilibrer le bassin de Thau, j'ai acquis la notion d'écosystème du bassin entier. Pour réaliser la station de lagunage, nous avons maîtrisé les masses d'eau comme des réactions sur une paillasse de laboratoire". L'élu non-scientifique doit-il pour autant s'estimer moins performant a priori ? "Pas du tout !", lancent en chœur les deux maires. "Le métier d'élu nécessite des compétences que l'on n'a pas, insiste Raymond Couderc. Dès que l'on parle environnement, l'élu doit savoir s'entourer de spécialistes capables de répondre dans tous les domaines. Et il est parfois dommage que les scientifiques universitaires ne soient pas assez réceptifs aux interrogations des collectivités locales".
Pour le maire de Mèze, "être scientifique, ce n'est pas d'avoir bénéficié d'une formation, mais c'est développer un raisonnement logique en trois phases : trouver les données d'un problème en prenant en compte l'aspect social, résoudre scientifiquement ce problème, mettre en œuvre l'aspect politique de la gestion. Je connais de nombreux élus qui raisonnent de manière scientifique. Et de notre côté, on ne peut pas faire de la politique en n'étant que scientifique !".

* Diplôme de troisième cycle universitaire


Multipole Technologique Régional
UN OUTIL DE MISE EN RELATION

Interface entre les structures scientifiques et les entreprises, le Multipole Technologique Régional a été créé en 1988 par le Conseil Régional Languedoc-Roussillon. La vocation de cet outil commun de l'Etat et de la Région aujourd'hui : le transfert et la diffusion des technologies pour le développement des entreprises du Languedoc-Roussillon. Il s'appuie sur un certain nombre de pôles thématiques dont certains ont un lien avec l'environnement : Verseau pour la gestion de la ressource en eau (voir page 9), Membranes pour les techniques séparatives à membranes ou Carnot pour la gestion de procédés énergétiques non polluants.
Plusieurs cas peuvent se présenter. Une entreprise rencontre, par exemple, une difficulté particulière : "Il s'agit souvent d'une demande de dépollution d'eaux résiduelles dans le secteur de l'industrie agro-alimentaire ou vinicole, explique Marcel Amouroux, président du pôle Carnot et chercheur CNRS, à Perpignan. En nous contactant, l'entreprise cherche, au delà de la mise en relation, une forme d'impartialité dans l'examen des solutions qui se présentent à elles. Notre rôle est de décliner un éventail de possibilités technologiques". Les solutions peuvent alors être développées en partenariat entre un laboratoire de recherche et une entreprise régionale. Plusieurs produits ou procédés innovants ont ainsi été mis sur le marché.
La demande peut aussi provenir des chercheurs : "Les scientifiques ont des préoccupations environnementales, par exemple, sur des procédés de traitement de déchets solides à hautes températures. Nous essayons alors de les mettre en contact avec des industriels capables de prendre le relais", poursuit Marcel Amouroux. Enfin, certains industriels souhaitent développer de nouveaux procédés de dépollution pour élargir leur activité. "L'objectif du chercheur, c'est l'innovation tandis que celle de l'entreprise consiste à disposer de procédés adaptés à son environnement économique, souligne le président du pôle Carnot. Dans ce rôle d'interface, la confiance entre acteurs et la complémentarité des pôles sont deux critères primordiaux".


Reboisement
L'ENSAM REPOND A UNE DEMANDE SOCIALE

"Les étudiants ont su nous surprendre, aller au-delà de ce que nous attendions. Pour l'élu que je suis, ce travail est immédiatement applicable !". Pierre Cellier, maire de Vendémian, dans l'Hérault, ne tarit pas d'éloges sur le diagnostic et les propositions d'aménagement présentés par les étudiants de troisième année de l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Montpellier (ENSAM). Dès 1995, avec Pouzols et Le Pouget, la commune a contacté, par le biais de la Charte intercommunale Initiative 42, l'équipe "Gestion de l'espace rural et aménagement" de l'ENSAM. "A l'origine, leur demande d'état des lieux sur le défrichement de l'espace était floue, rappelle Jacques Maillet, professeur d'écologie et de malherbologie, responsable de l'équipe. Nous avons donc reformulé la demande, affiné la question et la problématique pour atteindre des objectifs précis".
Les thèmes ne manquent pas : impact de la déprise agricole, causes de l'abandon cultural, potentialités dans le cas de remises en culture, plan d'aménagement dans la lutte contre les incendies, mise en valeur du paysage...
Après deux ans d'études et de multiples rencontres avec les habitants, les chasseurs, les propriétaires fonciers ou les bergers, des propositions sont élaborées. Dans le cas de Vendémian, tout un travail de réflexion sur l'introduction de plantes est mis en place : "Par rapport à une demande initiale de reboisement important, nous proposions de respecter une ouverture du milieu afin de conserver des espèces protégées sur le Causse d'Aumelas. Nous avons donc identifié des territoires adaptés à cette démarche", ajoute Jacques Maillet.
De son côté, le maire de Vendémian est pleinement satisfait : "L'étude n'a rien laissé au hasard et détaille même les sources de financement possibles. Les étudiants n'ont pas hésité à bousculer des idées reçues, en nous démontrant par exemple, pour un projet de sentier, que certaines parcelles n'avaient pas d'intérêt pour les promeneurs. Un bureau d'études n'aurait pas osé le dire. Ce que les étudiants ont proposé n'a rien à voir avec des projets grandioses qui consistent à défoncer 300 hectares de garrigue pour y planter des pins !".
Les scientifiques désirent suivre l'application de certaines de leurs recommandations mais le passage à la réalisation est long : "C'est là que le bât blesse, glisse Pierre Cellier. L'étude n'est pas enterrée, mais les propriétaires fonciers sont frileux. Le conseil municipal compte lancer les premiers aménagements sur des terrains communaux. En espérant créer une dynamique auprès des propriétaires riverains"...


Gestion de la châtaigneraie
L'ENJEU DE LA CONCERTATION

Après une longue période de marginalisation, les châtaigneraies cévenoles sont revenues sur le devant de la scène à partir des années soixante-dix, coïncidant avec la création du Parc National des Cévennes (PNC). La valeur symbolique de la châtaigneraie, l'image de produit biologique, mais aussi l'utilisation pour l'alimentation des troupeaux ou le rôle paysager nécessitaient une véritable redécouverte.
Dans ce contexte, une étude a été menée depuis 1994 conjointement par le PNC, l'Unité de Formation et de Recherche (UFR) en économie et sociologie rurales de l'INRA-ENSAM et par la Chambre d'Agriculture de la Lozère. L'opération est entrée dans le cadre transdisciplinaire de la Délégation à l'Agriculture au Développement et à la Prospective (DADP) de l'INRA.
"L'objectif était de créer une banque de données, en concertation avec tous les gestionnaires locaux, afin de prévoir les scénarios d'évolutions probables des châtaigneraies", explique Jean-Paul Chassany, directeur de l'UFR et membre du Comité Scientifique du PNC. Après la détermination de trois secteurs aux enjeux différents - dans la vallée du Galeizon, à Trabassac et à Gabriac en Vallée Française - les chercheurs ont multiplié les réunions avec l'ensemble des acteurs locaux. "Dans le Galeizon, par exemple, un travail cartographique a été réalisé, présentant des scénarios adaptés aux dynamiques écologiques, aux exploitations agricoles en place et aux mesures agro-environnementales. Dans certains cas, nous avons ressenti un déclic de nos interlocuteurs", note Jean-Paul Chassany. Les scientifiques aimeraient mettre en place un suivi si les communes concernées le souhaitent. Mais pas question d'aller au-delà : "Nous n'avons pas pour mission de porter un projet à la place d'acteurs locaux. Nous essayons seulement de fournir des outils en compléments d'outils techniques ou institutionnels", ajoute le chercheur de l'INRA. Qu'en pense le membre du Comité Scientifique du PNC ? : "On ne met pas la nature en boîte, on la gère, par la négociation, aussi objectivement que possible. Tous les acteurs peuvent enfin s'exprimer".


Utilisation d'eaux usées
DE L'ETUDE A L'APPUI SCIENTIFIQUE

Après études menées par la Compagnie du Bas-Rhône Languedoc sur les possibilités de réutilisation d'eaux usées dans l'Hérault, le Conseil Général s'est tourné vers l'Unité de Formation et de Recherche "Génie des équipements, génie rural" de l'ENSAM. "Le Conseil Général souhaitait approfondir, outre le cas d'Octon, les situations des communes de Lavérune et de Combaillaux, raconte Jacques Moinereau, professeur à l'UFR*. Le problème posé, dans le cadre de la protection des cours d'eaux naturels, était simple, surtout pour les deux dernières communes concernées : comment répondre à l'obligation de rejet zéro d'azote et de phosphore dans la Mosson ?".
Pour réfléchir à la réutilisation des eaux usées - en irrigation ou après une épuration tertiaire par le sol - une étudiante est chargée de réaliser son mémoire d'ingénierie sur ce sujet. Le travail a été très poussé : au-delà de l'étude de la qualité des eaux en fonction des types d'épuration, des contraintes environnementales, l'étudiante a été en contact étroit avec les collectivités pour leurs projets en matière d'épuration.
Pour présenter un projet chiffré et plusieurs options possibles, les propriétaires fonciers, le Service d'Assistance Technique aux Stations d'Epuration, la DDASS et le Conseil Général ont été sollicités au cours de l'étude. "Les communes ont très bien perçu ce travail présenté l'an dernier, se félicite Jacques Moinereau. Elles ont découvert, pour l'occasion, des éléments législatifs et réglementaires de la loi sur l'eau". La confiance instaurée avec les communes va au-delà : "Elles nous ont demandé, par exemple, un appui scientifique et technique au niveau d'appels d'offres lors des ouvertures d'enveloppe. Et nous revendiquons ce rôle de neutralité !".
* L'Unité de Formation et de Recherche est la composante de base d'une Université.


Gestion de l'eau
UNE COOPERATION EXEMPLAIRE

L'un des premiers bassins versants concerné par un Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux est celui des Gardons, à cheval sur le Gard et la Lozère. Pour élaborer ce SAGE, l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse a fait appel, en 1992, à l'Unité de Recherche Associée (URA*) 906 du CNRS "Dynamique de l'Espace Rural" installée à l'Université Montpellier III. "Nous avons eu recours à une prestation intellectuelle dans un cadre scientifique, explique Jean-Claude Armand, délégué régional de l'Agence de l'Eau. Un bureau d'études aurait sous-traité ce travail !". Durant six mois, un étudiant en DESS "Aménagement rural et développement local" a réalisé un état des lieux avant de définir des objectifs d'usages et des orientations générales d'aménagement. Synthétisé par l'étudiant lui même, ce rapport allait devenir le document officiel présenté par le préfet devant la Commission Locale de l'Eau. "Dans cette coopération, nous avons perçu de nombreux intérêts, estime Jean-Claude Armand. D'abord, seuls les étudiants en fin de cursus disposent d'une telle capacité de compilation et de synthèse des informations. Ensuite, le SAGE a un lien avec l'aménagement rural. Nous aurions pu nous tourner vers une école d'ingénieurs, mais la dimension géographique de ce laboratoire permettait d'insister sur les aspects humains et sociaux. Enfin, en accueillant durant six mois le stagiaire au sein de l'Agence, nous pouvions immédiatement bénéficier de ses résultats afin de cadrer le discours qui allait être tenu". Pour Anne Honneger, chargée de recherches au sein de l'équipe du CNRS, cette coopération a été fructueuse : "Dès le départ, la volonté a été de travailler en réseau plutôt que de façon institutionnelle sous forme de contrat ou de commande. L'étude a été encadrée dans la concertation par un groupe de travail composé du délégué général, d'une chargée de mission de l'Agence et d'une chargée de recherches de l'URA 906. Une relation basée sur l'échange et non sur un rapport commanditaire-prestataire a favorisé la réussite de cette expérience. Le thème, qui implique une réflexion dans le temps, correspond également aux nécessités de la recherche". Si l'heure n'est pas encore aux recommandations, il semble cependant probable que le SAGE des Gardons, annoncé pour 2000, s'inspirera de l'étude réalisée, fruit de cette coopération entre scientifiques et acteurs de terrains.

* Ces Unités de Recherche, situées au sein d'universités, sont associées au CNRS.


Rougiers de Camarès
UNE DEMARCHE INEDITE POUR L'ORSTOM

"Tout a commencé par un appel téléphonique, un vendredi après-midi. La Chambre d'Agriculture du Sud-Aveyron souhaitait nous faire intervenir sur des phénomènes d'érosion dans les Rougiers de Camarès". Pour Georges de Noni, responsable du laboratoire de comportement des sols cultivés à l'Institut français de recherche scientifique pour le développement et la coopération (ORSTOM), cette demande locale était une première du genre : "La Chambre d'Agriculture nous a contactés en s'apercevant de notre appartenance au réseau Erosion, qui réunit 700 participants dans le monde". L'organisation professionnelle voulait disposer de critères d'évaluation scientifiques pour convaincre les agriculteurs d'utiliser le semis direct, une méthode "douce" de travail du sol. "Nous avons mis en place un simulateur de pluie couplé à un simulateur de ruissellement pour tester différents comportements du sol", détaille Bernard Barthès, membre de l'équipe.
Le partenariat est allé bien au-delà. Les scientifiques préparent actuellement des fiches de vulgarisation à l'intention des exploitants et des techniciens de terrain. Un film exposant la démarche de l'équipe a même été réalisé par le département audiovisuel de l'université Montpellier III, en concertation avec la Chambre d'Agriculture de l'Hérault et l'ORSTOM.
Cette année, avec l'accord de neuf exploitants, le laboratoire a réalisé un territoire pilote expérimental de 1 000 hectares. En tenant compte des différentes situations propres à chaque agriculteur, l'équipe a mené ce travail avec la Chambre d'Agriculture,
le Parc Naturel Régional des Grands Causses, l'Agence de l'Eau, la Direction Départementale de l'Agriculture et la Direction Départementale de l'Equipement. "Dans une région orientée vers la fromagerie de Roquefort, l'érosion de certaines exploitations présentait un enjeu économique de poids, analyse Georges de Noni. Après les recommandations majeures, nous entrons aujourd'hui dans une phase d'aménagement. Pour notre laboratoire plutôt tourné vers des pays autres que la France, cette démarche est réellement novatrice".


Réhabilitation de marais
L'INTERET DU SUIVI SCIENTIFIQUE

"C'est en leur faisant découvrir l'une de nos expériences de gestion en Camargue que des élus du Conseil Général du Gard nous ont parlé d'un projet de réhabilitation de marais sur un domaine de 130 hectares de la basse vallée du Vistre. Nous avions l'opportunité de travailler en échelle réelle : nous avons accepté". Responsable du département Ecologie végétale à la station biologique de la Tour du Valat, en Camargue, Patrick Grillas a réalisé en 1994 un état des lieux du milieu et une étude hydraulique sur le fonctionnement des marais après l'ouverture des digues. En jouant la carte de l'interdisciplinarité : "Pour le modèle hydraulique, pour la qualité de l'eau ou pour le volet ornithologique, par exemple, nous disposions des compétences au sein même de la station", poursuit Patrick Grillas.
Suivant les recommandations des scientifiques sur l'écrêtage des crues, la protection de la nature et les activités économiques sur le site, le Conseil Général réalise des travaux. La station biologique suggère alors des modifications complémentaires. Elles sont acceptées. "Nous avons d'abord proposé une méthode scientifique suivie d'un projet relativement technique", indique le chercheur qui considère le suivi indispensable : "Je ne représente pas un bureau d'études. Ces projets ne m'intéressent que si le suivi scientifique prend le relais".
Ce type de coopération entre chercheurs et collectivités locales est-il encore relativement rare ? "Très souvent, quand un scientifique s'intéresse à un projet, il est soupçonné de ne pas adhérer aux objectifs généraux du projet, estime Patrick Grillas. Pour autant, la Station Biologique de la Tour du Valat a montré que des points de rencontre avec les collectivités locales existent réellement.


Centaurée de la Clape
DENOMBRER AVANT DE GERER

"L'étude d'une seule espèce végétale, aussi particulière soit-elle, demande du temps. Ce que les gestionnaires d'espaces naturels ne peuvent pas entreprendre, les scientifiques sont en mesure de le réaliser". C'est à la demande du Conservatoire botanique national de Porquerolles qu'Isabelle Olivieri, professeur et chercheur à l'Institut des Sciences de l'Evolution CNRS-Université Montpellier II, a étudié une espèce protégée en voie de disparition : la Centaurée de la Clape, dans l'Aude. Elle a mené, en collaboration avec des chercheurs de l'INRA et de l'Université autonome de Barcelone, un recensement des différentes variétés et tenu la comptabilité exacte du nombre de plantes.
En 1994, les scientifiques ont placé près d'un millier de graines, une à une, dans les fentes de rochers sur des falaises inoccupées de la Clape. "L'objectif était de comparer les populations naturelles aux populations expérimentales et de déterminer, dans le cadre de la directive européenne Habitat, les facteurs biologiques d'extinction", souligne Isabelle Olivieri. Les graines de Centaurée se dispersent peu. L'une des hypothèses évoquées pour accroître la population de Centaurées serait de réintroduire des hiboux Grands Ducs qui transporteraient les graines au sommet des falaises.
Si les chercheurs peuvent fournir des pistes d'action aux gestionnaires de terrains, celles-ci ont pourtant des limites : "Nous ne sommes pas là pour apporter des solutions toutes prêtes, prévient Isabelle Olivieri. Si nous pouvons effectivement avancer des recommandations pratiques, nous pouvons aussi faire franchir à certains gestionnaires le pas entre conservation et gestion. En expliquant, par exemple, que les effets de l'activité humaine sur le milieu ne constituent pas toujours des explications suffisantes. Et que certaines espèces peuvent disparaître naturellement".


Etang de Leucate
QUAND LE S.A.G.E. REUNIT LES COMPETENCES

Un Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau peut être à l'origine d'un regroupement de plusieurs partenaires dans le cadre d'une recherche de contamination bactériologique au sein d'un étang. En 1989, Claude Le Bec, adjoint au chef du laboratoire Environnement et Aménagement du Littoral de l'IFREMER, s'aperçoit de la présence d'une forte zone de contamination au centre de l'étang de Salses-Leucate : "N'ayant rien constaté sur le pourtour de l'étang, j'ai mené un certain nombre de campagnes sur les crédits du laboratoire. Notre rôle consiste à apporter des connaissances : or, tant que nous ne tenions pas une explication, aucune action n'était envisageable".
Lors de la préparation du SAGE, l'IFREMER fait part de ses interrogations aux services de l'Etat, aux collectivités locales et aux usagers de l'étang. "Chaque année, nous dépensons 100 000 F en surveillance sur l'étang et autant pour chaque étude particulière. L'hypothèse la plus probable était une contamination provenant du sous-sol, via le système karstique. Pourtant, sans moyens financiers complémentaires, nous ne pouvions plus poursuivre notre mission", indique Claude Le Bec. Le SAGE prend alors le relais : le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) est sollicité pour réaliser une étude de synthèse sur la géologie du secteur. Passée cette étape préalable, le SAGE vient d'associer le BRGM, l'IFREMER et la mairie de Leucate avec deux missions : trouver les failles géologiques au fond de l'étang et déterminer la présence de bactéries ainsi que leur composition. "Cette action est réalisée dans le cadre du SAGE, car elle a donné lieu à une large concertation, poursuit Claude Le Bec. Cette démarche évite la dispersion d'efforts. Elle est encourageante car, en faisant appel à deux organismes d'Etat, la Commission Locale de l'Eau a su réunir les compétences".


Etang de Canet
LES SCIENTIFIQUES EN AMONT DE LA GESTION

"La continuité est souvent absente des études scientifiques. Et quand des organismes de gestion ou de décision recherchent des données existantes, elles sont souvent de haut niveau, mais incomplètes". Maître de Conférence en biologie lagunaire et en ichtyologie, Henri Boutière représente le laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer au sein de la Commission Scientifique Régionale des Etangs. Quand le Conservatoire du Littoral le sollicite pour l'étang de Canet en 1995, c'est dans le cadre du programme LIFE "Sauvegarde des étangs du littoral Languedoc-Roussillon". Henri Boutière précise la demande : "L'objectif du Conservatoire était de disposer d'informations scientifiques suffisantes sur l'étang pour établir des protocoles de gestion en connaissance de cause".
La première étape est consacrée à une étude synthétique de toutes les données disponibles depuis un siècle. S'y ajoutent des études sur l'étang, sa masse d'eau, son environnement aquatique, les apports de son bassin versant...
Henri Boutière s'entoure alors de scientifiques, notamment de l'association Charles Flahaut : "Le rôle des scientifiques est de montrer les inter-relations entre le bassin versant, les étangs, le grau et les activités humaines. L'intérêt est de disposer d'un maximum de données scientifiques en tenant compte de tous les facteurs existants". A la demande du Conservatoire du Littoral, des recommandations ont été présentées pour réduire le flux de pollution, équilibrer les échanges avec la mer et assurer le respect du milieu. L'épais rapport a été récemment rendu et le scientifique se dit prêt à assurer un suivi si le Conservatoire du Littoral le souhaite : "Le sujet est trop complexe pour une simple application des recommandations à la lettre. On ne peut qu'émettre des souhaits. Si le suivi est intéressant, c'est parce qu'on n'est jamais certain du bon fondement de décisions de gestion. Le suivi permet d'observer l'impact de mesures sur les différentes composantes du paysage pour éventuellement les corriger à temps".


Dépollution
UN TRANSFERT REUSSI

"Les scientifiques qui veulent à la fois mener une réflexion fondamentale et appliquée tout en voulant faire progresser leur carrière sont souvent coincés. Moi, j'ai choisi de ne pas faire carrière !". Ingénieur au CNRS spécialisé dans les questions de traitement de l'eau, Christian Drakidès cherche à mettre au point de nouveaux procédés applicables ou transférables pour des industriels ou des responsables de systèmes d'épuration. Dès 1993, en co-dirigeant une thèse, il se lance dans une recherche fondamentale sur les propriétés physiques et chimiques des membranes, "sur les fonds du CNRS".
Il met alors au point une nouvelle technologie de traitement des membranes, permettant un rejet direct sans pollution, un système adaptable aux caves vinicoles. "Grâce à une unité pilote de laboratoire, nous avions trois ans d'avance sur un constructeur français. Mais aucun point de chute industriel".
Spécialisé dans les technologies et la gestion de la ressource en eau, le Pôle Verseau du Multipôle Technologique Régional mettra les scientifiques en contact avec la société E.T.E , implantée dans les Pyrénées-Orientales. "Nous avions une longue pratique avec cette entreprise qui s'installait sur le marché porteur du traitement des eaux usées. Et nous l'avions ciblée comme porteuse d'une innovation potentielle", explique Alain Guilbot, responsable du Pôle Verseau, l'interface entre scientifiques et entreprises du secteur.
Sept ans après le début des recherches fondamentales, Christian Drakidès, co-inventeur du brevet, est satisfait : "E.T.E a apporté sa connaissance technologique et nous avons pu réaliser un accord de transfert de compétence par l'intermédiaire de Verseau dont le rôle a été primordial. L'entreprise emploie un technicien que nous avons formé. Enfin, nous suivons avec le constructeur les périodes de probation et l'aidons à optimiser le système".
Dernière et bonne nouvelle : alors que les essais de validation sont en cours, les demandes d'installation dans les caves vinicoles ne cessent d'affluer.


Réhabilitation de site industriel
L'ISIM INTERVIENT DE BOUT EN BOUT

Le site de Ségoussac, à Salindres, dans le Gard, est un bassin de décantation de boues rouges, mélange d'oxyde de fer et de minerais de bauxite. En 1984, quand l'exploitation du minerai cesse, les quarante hectares de ce bassin contiennent quatre millions de mètres cubes de boues rouges et 2,6 millions de mètres carrés d'eau polluée ! "Dans un premier temps, nous avons pompé l'eau, explique Laurent Seigneurin, alors chef de laboratoire sur le site de Rhône-Poulenc, à Salindres. Pour prévoir la réhabilitation globale du site, nous avons fait appel à l'Institut des Sciences de l'Ingénieur de Montpellier en 1987. L'objectif était de redonner à cette surface une vie végétale et piscicole".
La collaboration entre Rhône-Poulenc et le département des Sciences et technologies de l'eau de l'ISIM se poursuit ainsi depuis dix ans. Année après année, tout a été décortiqué par les étudiants-ingénieurs : étude régulière des boues rouges et des coefficients de perméabilité, étude d'un masque de terre d'appoint, analyses du sulfate de calcium sur la bauxite, études biologiques pour parvenir, depuis quatre ans, à la phase de réhabilitation. "Nos ingénieurs sont pluralistes : ils sont aussi bien capables de traiter des problèmes physico-chimiques que des questions hydrauliques ou biologiques. Ils sont capables d'intégrer la globalité d'un projet", assure Jean-Claude Bacou, enseignant du département Sciences et technologies de l'eau.
La collaboration entre les deux partenaires a franchi un nouveau cap cette année avec la pose d'un masque en calcaire de dix-sept hectares sur la partie haute du site. "Certains souhaitaient revégétaliser le masque avec une impressionnante replantation. Après étude, nous avons conseillé de laisser faire la nature, souligne Jean-Claude Bacou. Il n'y a maintenant qu'à se rendre sur place pour constater que nous avions raison !". Une maquette expérimentale réalisée par l'ISIM reconstitue le site de Ségoussac en piscine où sont observés les comportements des poissons. Avant de passer à l'étape suivante en grandeur réelle. Toujours dans un esprit de partenariat entre l'industriel et l'école d'ingénieurs.


Energie
SCIENTIFIQUES ET INDUSTRIELS :
LA POMPE A BREVETS

Depuis une quinzaine d'années, l'Institut de Science et Génie des Matériaux et Procédés (IMP), unité CNRS installée à l'Université de Perpignan, s'est spécialisée dans la fabrication de pompes à chaleur chimiques : "Plutôt qu'utiliser de l'électricité pour créer de la chaleur, nous avons utilisé une réaction entre un solide et un gaz appliquée à des fins énergétiques", résume Bernard Spinner, professeur au sein de l'IMP. Intérêt majeur : ces systèmes n'utilisent aucun fréon de type CFC intervenant dans la destruction de la couche d'ozone et proscrits par des accords internationaux.
C'est la société ELF qui, intéressée par les systèmes thermochimiques, se rapproche de l'IMP en 1981. "Nous avons ainsi développé le STELF, système thermochimique ELF-CNRS, souligne Bernard Spinner. Cette marque déposée, qui couvre entre quinze et vingt brevets dans le monde entier, permet de vendre des licences à des industriels dans des domaines bien définis, comme la production de forte puissance de froid ou la production continue de chaleur et de froid".
A l'heure actuelle, huit entreprises ont acquis des licences dans le cadre de transferts de technologie assurés par le pôle Carnot (systèmes énergétiques) du Multipole Technologique Régional, implanté à Perpignan. Si dans la région, la société Boyer, via le MTR, détient une licence pour fabriquer des gilets froids autonomes, les entreprises locales sont peu nombreuses à avoir opéré un tel transfert de technologie : "Nous avons eu des contacts avec des sociétés régionales, mais leur assise financière est souvent trop fragile pour développer nos systèmes", constate Bernard Spinner. Actuellement, l'IMP, en partenariat avec l'ADEME et un industriel, met au point un système de préconditionnement des véhicules afin de préchauffer les pots catalytiques et l'habitacle.
Sur le site Carnot, les industriels étrangers se bousculent : "Fin 1995, onze ingénieurs coréens ont passé neuf mois sur le site Carnot pour un contrat de transferts scientifiques", ajoute le chercheur. Fruit d'un succès qui a mis une éternité à émerger : "Nous avons suivi la règle des trois 7, conclut Bernard Spinner : sept ans de laboratoire, sept ans de recherche d'un accord de partenariat et sept ans pour atteindre les productions en grande série ! La recherche, ce n'est jamais rapide".


Eau et santé
LA RECHERCHE AU SERVICE DE LA SECURITE SANITAIRE

Peu industrialisé, le Languedoc-Roussillon n'est pas au nombre des régions françaises les plus confrontées aux pollutions. Des problèmes de santé liés à l'environnement existent cependant, face auxquels de nombreux chercheurs - basés à Montpellier essentiellement, mais aussi à Perpignan et à Narbonne - tentent de trouver des solutions. Ou, en tout, cas, d'y contribuer. Car, si cette région peut effectivement apparaître privilégiée par rapport à beaucoup d'autres, elle n'échappe pas pour autant à des agressions et menaces diverses liées à certaines de ses spécificités : le climat méditerranéen et ses brusques sautes d'humeur, la viticulture, la conchyliculture...
Ainsi, dans le domaine de l'eau, l'Institut montpelliérain Bouisson Bertrand se penche depuis longtemps sur la qualité de l'eau de consommation humaine par des mesures et des recherches appropriées. Aujourd'hui plus que jamais, la sécurité sanitaire est au tout premier rang des préoccupations. Membre du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France dont il est vice-président de la commission des eaux, professeur d'hygiène et d'hydrologie à la faculté de Pharmacie de Montpellier et, notamment, président de la Commission scientifique régionale des étangs, le Pr Jean Bontoux précise les contours de la recherche dans le domaine de l'eau en Languedoc-Roussillon : "La plupart des chercheurs et doctorants orientés vers des problématiques environnementales eau et santé dans la région s'intéressent aux étangs".
Créée il y a une quinzaine d'années pour éclairer scientifiquement le débat sur les malaïgues et, surtout, imaginer des parades au phénomène, la Commission scientifique des étangs... n'a pas encore permis d'atteindre cet objectif. Mais, elle continue de s'y employer. "Aujourd'hui, notre volonté est de développer les capacités d'expertise de la Commission, annonce Jean Bontoux. Des contacts ont été pris avec les pêcheurs et conchyliculteurs qui y voient avant tout un problème de graus et souhaiteraient que les communications avec la mer soient plus importantes. Les scientifiques, eux, sont plus interrogatifs et circonspects à ce sujet...".
Egalement membre de la commission des eaux du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France et, quant à lui, responsable de l'équipe mixte CNRS/Université Montpellier II d'écologie bactérienne des milieux aquatiques, le Dr Bernard Baleux travaille depuis une quinzaine d'années sur les contaminations microbiologiques des étangs du Languedoc-Roussillon. Son équipe a notamment été associée étroitement à l'élaboration du Contrat de Baie de l'Etang de Thau. "Nous essayons de qualifier les eaux des bassins versants qui sont de plus en plus contaminées, explique-t-il. Surtout aux périodes de crues automnales et printanières, même si le traitement des eaux usées est de plus en plus important et performant".
Qui dit contamination des eaux des bassins versants, entraîne celle des étangs, parfois de leurs poissons, mais principalement de leurs coquillages. "Les poissons posent moins de problèmes que les coquillages, car les premiers se mangent cuits, contrairement aux seconds en règle générale qui, de surcroît, filtrent chacun des mètres cubes d'eau", précise le médecin-chercheur. Et d'exprimer, lui aussi, la nécessité de poursuivre les recherches : "Il nous faut acquérir des connaissances supplémentaires pour déterminer encore mieux les sources de contamination". Dans le domaine de la recherche comme dans celui de la santé, il faut savoir être patient et, parfois, pousser les investigations…


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