Le vent, les moulins et le patrimoine eolien Manuel pratique
Les aménagements intérieurs
Les moulins disposent d’un étage à l’intérieur qui permet d’avoir accès au mécanisme,
au moteur, ou de supporter également l’ensemble du dispositif permettant la mouture
ou le broyage. Il existe deux catégories d’étages, celui supporté par des poutres ou celui
reposant sur une voûte.
Le choix de la voûte plutôt que du plancher pourrait s’expliquer par le manque de
troncs, suffisamment gros permettant de réaliser les poutres nécessaires du plancher.
Cependant, sur le Causse Méjean, où les beaux arbres font défaut, ce sont pourtant des
planchers en bois que l’on rencontre (L'arbre-moteur, de chêne ou de châtaignier,
venait de loin et il avait fallu le monter sur le Causse). En réalité, le choix de la voûte
ou du plancher ne répond pas à des règles strictes, il reste surtout un choix de
construction lié au savoir-faire du bâtisseur ou à la disponibilité des matériaux. En
aucun cas, le choix n’est lié à la fonction du moulin ; en effet le broyage du plâtre,
aujourd'hui du blé, se faisait à l'étage, sur un plancher, au Moulin de St-Chinian alors
que à 3 km de là, à Cébazan, la mouture du blé se faisait à l'étage sur une voûte. Il y a
sans doute aussi un choix économique : la voûte est plus stable, plus solide ; par contre
le plancher est moins cher et nettement plus rapide à construire.
Deux autres différences apparaissent dans l’aménagement intérieur, il s’agit de la
présence de meules à l’étage ou au rez-de-chaussée. La contrainte pour monter
les meules jusqu’au plancher supérieur est importante, mais le “gros fer” qui les
entraîne étant plus court, le système est donc plus robuste. Au rez-de-chaussée,
c’est l’inverse. Ayant une portée importante, le système est plus fragile.
Plans et coupes des trois moulins à vent de Nissan, avec et sans voûte
grand rouet
frein
lanterne
chemin de roulement du toit tournant
meule volante
meule dormante
trémie
silo à grain
levier d’écartement des meules
grand fer
Coupe du moulin Balayé à Nissan :
voûte et meules au rez-de-chaussée
(dessin de L. Loussedat, Amis de Nissan)
Au nombre des équipements intérieurs, on compte les
cheminées, et ce, malgré le fait que la poussière de farine
est très inflammable. Bravant le risque d’incendie,
certains meuniers avaient une cheminée pour se chauffer
et cuisiner : Moulins de Rieisse et Pradal, sur le Causse
Méjean, à St-Chinian, mais pas à Cébazan par exemple.
Echelles meunières ou escaliers maçonnés relèvent de
l’aménagement interne du moulin. A St-Chinian,
l’escalier de briques est remplacé aujourd’hui par un
escalier de bois, mais l’accès à l’étage est toujours assuré.
On monte la charpente du toit : la voûte vue de dessus