Le vent, les moulins et le patrimoine eolien Manuel pratique
Comment ça marche?
Le savoir-faire du meunier
La bonne marche du moulin pose de multiples problèmes que nous allons voir.
Face à ceux-ci, l’ingéniosité des solutions trouvées par les bâtisseurs est remarquable
car ils y sont arrivés par tâtonnements, en corrigeant et améliorant la technique, siècle
après siècle.
Le moteur et sa conduite
Orienter
Il faut d’abord orienter toit et ailes face au vent, afin de bien le prendre.
Quel que soit le type du moulin, plusieurs moyens existent ; en voici deux :
La queue-cabestan
Le gouvernail ou queue est relié par une chaîne à un treuil à arbre vertical muni d’un
levier horizontal (parfois deux), que l’on nomme aussi cabestan ou chèvre. Arrimé à un
pieu solidement planté dans le sol, le cabestan permet au meunier d’enrouler la chaîne
et de tirer le timon (la queue), faisant ainsi pivoter l’ensemble gouvernail-toit-ailes.
L’opération consistant à déplacer le cabestan de pieux en pieux pour faire tourner le toit
sera répétée jusqu’à ce que l’arbre des ailes soit dans la direction du vent. Une dizaine
de pieux sont en permanence fichés autour du moulin, ils offrent les points d’ancrage
indispensables au système d’orientation “queue-cabestan”.
Orientation des ailes (d’après Auguste Armengaud)
La crémaillère
A Peixora (Aude), le moulin le plus récent, construit en
1839, en avait une qui permettait de faire pivoter le toit
de l'intérieur. A Nissan, explique Claude Vayssière,
chargé de faire fonctionner le moulin, “trois leviers sont
placés dans leur support dont l'extrémité est engagée
dans les anneaux de la chaîne courant tout autour du toit.
Manœuvrés ensemble, chacun par une ou mieux deux
personnes, le toit pèse quelques 4 tonnes, toit et ailes
pivotent de 20 à 30 cm à chaque effort, jusqu'à être dans
le même alignement que la girouette sur le sommet du
toit”.
A la manœuvre au moulin Balayéde Nissan.
ANECDOTES :
Le 15 octobre 1810, le meunier Germain Miquel déclare que
des voleurs ont enfoncé la porte d'entrée du moulin et ont volé
les chaînes de fer qui servaient à tourner le moulin ainsi que
les quatre voiles. Les voleurs n'ont jamais été identifiés !
(Attention, il s’agit d’un vol considérable : à cette époque,
le kilo de fer ouvré revient à peu près à une journée de travail
d’ouvrier!)
D’après Huguette Aubry, Amis des Moulins en Lauragais