Le vent, les moulins et le patrimoine eolien Manuel pratique
Les qualités du meunier
ANECDOTES :
Mains du meunier
tassant le sac de farine
René Rivière raconte à
E. Béziat: “Mon père était
originaire de Bizanet, dans
l’Aude, où il était né en 1800,
d’une famille qui depuis
plusieurs générations gagnait
sa vie dans la meunerie. Il se
maria à Armissan avec Anne
Baylac dont les parents
étaient aussi dans la farine, et
tous deux vinrent s’établir
dans l’Hérault, à Puimisson”.
Extrait d’E Beziat.
Le meunier travaille tous sens en éveil car sa sécurité ou
la qualité de son travail dépendent souvent de ses
sensations : le toucher pour sentir la finesse de la mouture
et régler la meule ; l’odorat lui dit si la farine chauffe à
cause du trop faible écartement des meules ou de leur
trop grande vitesse ; l’ouïe, car le bruit change quand il y
des variations imprévues de vitesse, que le vent forcit ou
tourne, que le babillard signale l’absence de grain dans la
trémie; la vue qui est indispensable pour tous les
réglages, pour le rhabillage des meules, et l’observation
de la girouette !
Le sens de l’observation
Trouver les bons réglages, savoir apprécier les conditions
météo locales, tous les moments de son métier d’artisan
font appel à un savoir accumulé par l’expérience
personnelle ou collective. Ce savoir est indispensable
pour la bonne marche du moulin et on se le transmet dans
la famille, de père à fils, d’oncle à neveu, de beau-père à
gendre: il y a des lignées de meuniers, des dynasties !
Le sens de la débrouillardise
Le meunier au travail
En plus des savoir-faire que réclamait la fonction de son
moulin, le meunier devait savoir tout faire : bricoleur
sûrement, menuisier, mécanicien, charretier, aussi et quoi
d’autre ? Chimiste, par exemple !
Recette de meunier:
Autrefois, les voiles étaient réalisées en toile de lin car
c’est la fibre textile largement répandue, la plus solide
par rapport à son poids. Pour les imperméabiliser, on les
enduisait d'une préparation de poudre de terre, les
meuniers l'appellent “bolus”, dissoute dans une eau
additionnée d'huile de lin (10 litres d'eau pour 3/4 de litre
d'huile de lin, 0,15 litre de graisse et 1 kg de bolus).
D’après Jean-Claude Aubry, Amis des moulins du
Lauragais
Le bolus (en occitan, bolús) est une terre argileuse la plus
blanche possible à base de smectite (une variété d’argile
particulière) dont la plus appréciée, dans le Gard,
provenait de Bollène (Vaucluse). Celle du Lauragais était
moins appréciée car contenant un peu trop de calcaire.
Meunier et paysan! Ases moments perdus, s’il n’en avait
pas il fallait qu’il en trouve! un champ, une vigne, un
jardin pour sa subsistance, les poules pour picorer les
grains perdus, les cochons nourris avec le son qu’il
gagnait, le réclamaient : sur le plan du moulin Tiquet de
Nissan , tout y est…
ANECDOTE :
“Le moulin du Christ fut le
troisième moulin
extraordinaire de Jean le
Grand; fait entièrement de
ses mains et il ne permit à
personne, comme les autres
meuniers de sa famille, de
choisir, de fabriquer, de
mettre en place les bois,
l’outillage et les mécanismes.
Il extraya la pierre
à proximité et il remplit d’eau
l’excavation
pour avoir une mare.”