Le vent, les moulins et le patrimoine eolien Manuel pratique
Moudre
Bien sûr, les céréales dont les grains se conservent très
longtemps mais dont la farine s’abîme très vite (les
charançons se régalent) ; il fallait moudre peu de grain à
la fois et fréquemment.
Broyer
Moulin d’Arboras et le four à plâtre à côté
Il valait mieux broyer des minerais, au plus près des
carrières.
Le moulin de l’Ange, à Saint-Papoul (Aude), broyait
l’oxyde de plomb ou litharge qui servait à vernir les
célèbres cassoles fabriquées par les 72 potiers d’Issel, en
Lauragais.
A St-Chinian, un moulin pulvérisait le plâtre sur la crête
pour éviter de descendre une pente trop abrupte
jusqu’aux moulins à eau qui broyaient le soufre au bord
de la rivière ; de plus, on pouvait stocker le plâtre cuit et
attendre le vent. Il en était de même à Arboras.
A Mas Saintes-Puelles, le gypse naturel, extrait des carrières avoisinantes, était broyé
après cuisson avec des meules plus importantes que celles à blé: elles mesuraient
2,50 m de diamètre et étaient plus épaisses de 10 cm. Ces grosses meules à plâtre sont
des meules roulantes.
A Castelnaudary, le plus grand moulin du Lauragais, “le Vinaigrier”, servait à broyer
les os, et aussi à effilocher des vieux chiffons.
Au moulin à blé Tiquet, de Nissan, on broyait aussi le soufre, le sulfate et même la chaux
du four voisin. Le local où l’on broyait le soufre était à quelques mètres à l’extérieur du
moulin; la meule verticale est encore en place ; un arbre de transmission lui renvoyait le
mouvement. Le plan des lieux a été reconstitué par la famille qui l’a habité, qui y a vécu.
Plan du moulin de Tiquet (Dessin Cros)
A meule verticale ou horizontale, écrasant le pastel, le chanvre, les olives, les noix ou
autres matériaux, on n’en finirait pas d’énoncer les usages des moulins à vent à
mouvement circulaire…