Le vent, les planeurs et le patrimoine éolien Manuel pratique
LA PRATIQUE DU PLANEUR, PLUS QU’UN SPORT, UNE PHILOSOPHIE!
Vélivole écologue
Vol au crépuscule, retour de balade.
La pratique du vol à voile est indissociable du respect que
l’on peut avoir des éléments qui nous entourent.
Les masses d’air et leur déplacement, la nature du sol, les
différents paysages que l’on survole, la couleur des
champs, les saisons, l’observation des oiseaux et des
insectes sont autant d’éléments que le vélivole se doit
d’observer et d’intégrer car ils sont pour lui des aides au
pilotage, aussi importantes que les instruments de son
tableau de bord.
Faire le choix de voler sans autre moteur que celui généré
par les masses d’air est une façon d’aborder la nature qui
nous entoure en communiant avec elle.
Le vélivole accepte de ne pas pouvoir voler, lorsque le
temps ne le permet pas. Un vent violent, une absence
d’ascendance ou une “panne de nuage” seront acceptés,
alors que le pilote moteur, lui, n’a pas ce genre de
contrainte.
Piloter un planeur, c’est d’abord apprendre à regarder le
paysage, l’anticiper.
Dans une région comme la nôtre où la météo change
dans un espace temps très bref il est prépondérant de
connaître le mieux possible l’environnement.
Un champ de blé mûr sera une source possible
d’ascendance thermique, un bois de chênes verts, à
l’inverse, une zone de panne. Le vol d’un rapace sera une
source précieuse pour localiser une “pompe”.
Aterrissage “aux vaches”.
Le repérage géographique est aussi un élément de
diagnostic que l’on intègre dans le pilotage de notre
planeur. En tant que pilote nous sommes garants de notre
sécurité et de celle de nos passagers, il nous faut donc en
permanence savoir quel est le potentiel de vol et
éventuellement être capable de se poser en dehors d’une
piste.
C’est ce qu’on appelle “se vacher”, et cette opération doit
se faire dans les meilleures conditions possibles tant pour
l’aéronef que pour ses passagers. Ainsi il faut être attentif
à toutes les surfaces (champs, terrains dégagés…)
susceptibles de permettre l’atterrissage de l’équipage
dans les meilleures conditions.
Pour terminer ce paragraphe dédié à “l’écologie
aéronautique”, il ne faut pas oublier que nous ne
générons pas de bruit dans le déplacement, ce qui nous
permet souvent de surprendre les déplacements diurnes
de gros gibiers. Il est ainsi courant souvent en automne
lorsque l’on survole le massif du Caroux ou les bois
Bédariciens, de surprendre des mouflons, souvent des
sangliers voire des chevreuils qui ne nous entendent pas
les survoler et de cotoyer les vautours au Chanet. C’est
toujours une joie et un plaisir.
Il est aisé de comprendre que par l’intégration du vol
plané dans le milieu qui nous entoure, le silence est un
élément prépondérant.
Silence du vol par lui-même, l’aéronef se déplace sans
autre bruit que le chuintement du vent sur les surfaces
porteuses, silence des passagers ensuite dont la
conversation est souvent uniquement descriptive des
surfaces survolées. Point n’est besoin de communiquer
avec un casque radio, l’absence de bruit dans la verrière
permet de converser à un niveau sonore normal.
Aterrissage “aux vaches”.
Très souvent on retrouve dans la population des
vélivoles, une majorité de personnes qui viennent
chercher dans ce calme du vol plané une concentration et
un dé-stressement impossible à trouver ailleurs.
Une machine respectueuse de l’environnement
Même s’il est de résine, un planeur ne nécessite pas pour
sa mise en oeuvre l’emploi de produits chimiques ou de
solvants, aucun gaz, aucun carburant.
A l’inverse d’un avion il ne génère aucun résidu de
combustion et aucune pollution sonore. Complètement
intégré dans le milieu il est même difficile de le localiser
dans le ciel pour un néophyte car sa couleur blanche (par
définition) se fond dans l’azur du ciel.
Si d’aventure il lui arrive de se poser hors d’un
aérodrome, son faible poids (400/500 kg) n’abîme pas la
culture.