Reproduction
Reproduction végétative
La reproduction végétative par bouturage est le principal mécanisme de multiplication et
de propagation. Les boutures* sont en effet disséminées par l'eau (hydrochorie) en grand
nombre et peuvent subsister à la surface de l'eau pendant un temps assez long, jusqu'à ce
qu'elles s'installent.
Des séries de mesures ont été effectuées au Bagnas, sur des filtres posés
perpendiculairement au canal d'alimentation en eau du site qui a une largeur de 10 m.
Les flux journaliers sont très variables : entre 40 et 881 boutures par jour.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette variabilité : les saisons qui jouent sur le
développement végétatif et la force des courants qui cassent et propagent les boutures. Des
flux plus importants ont ainsi été observés en avril (de 535 et 881 boutures/jour)28 après
des précipitations importantes et avec de forts courants dans les canaux, contre 70 en mai
et 40 en septembre.
Boutures de Jussie et débris végétaux arrêtés par un filtre

photo R.Dupuy de la grandrive - SPN Agde
Reproduction sexuée
Le rôle de la reproduction par graine dans la propagation et la régénération des jussies est
encore peu connu.
Des fructifications sont observées couramment en zone atlantique pour Ludwigia
grandiflora. En zone méditerranéenne, elles semblent absentes pour cette espèce, mais
relativement fréquentes pour L. peploides (Grillas, comm.pers)
Sur le Don (Loire-Atlantique), une moyenne de 3,75 fruits par tige de L. peploides a été
mesurée 1 , avec un maximum de 23.
Dans la Vienne, des germinations ont été observées 31 dans un bac contenant du "compost"
humidifié de jussie. Cette expérience démontre la production de graines, leur présence
dans la litière formée par les herbiers, et enfin leur capacité germinative.
Des expériences menées en conditions contrôlées 49 ont montré une très forte variabilité de
la capacité de germination des graines, de 0 à près de 85 %. Dans presque tous les cas, les
germinations ont eu lieu au bout de 15 jours de mise en culture, et les taux de
germinations sont restés constants par la suite.
Plusieurs facteurs ont influé sur le taux de germination :
- l'origine des graines, sans que ce facteur ne puisse être expliqué ;
- les traitements avant mise en culture :
- les graines n'ayant pas été préalablement séchées n'ont pas du tout germé ;
- pour un lot de même origine, le passage au froid (4 degrés pendant 1 mois) a
amélioré la réussite de la germination avec 74 % contre 42 %;
- le milieu de culture : les lots placés sur coton ont présenté un taux de germination plus
important que ceux placés sur un substrat naturel (terre sablonneuse).
Les observations effectuées sur les plantules ont montré une croissance faible (de 8 à
20 cm au bout de 92 jours), probablement due au manque de lumière. Cette croissance
régulière et l'apparition de feuilles ont prouvé leur viabilité en conditions contrôlées.
En conditions naturelles, la reproduction sexuée de L. peploides a été confirmée en été
2001 sur le site de Sollac (Beck N., comm. pers.), où de nombreuses plantules viables ont été observées au stade
3 à 4 feuilles sur un tapis de potamots (Potamogeton pectinatus) recouvrant une roubine*
très envasée.
A l'occasion d'un chantier d'arrachage dans une jonchaie à Juncus maritimus, des plants
solitaires ont également été trouvés la même année sur le même site. Hauts de 50 cm, ils
n'ont présenté aucune ramification axiale aérienne ou racinaire. Cette morphologie est
caractéristique de plants issus de graines ayant probablement germé un an auparavant.