Efficacité de l'assèchement estival au Méjean
Au Méjean, toutes les unités, y compris les anciens salins, ont longtemps été gérées comme un marais permanent par des
apports d'eau douce, en particulier durant l'été. Cette gestion de l'eau, combinée au pâturage par les chevaux, a entraîné une
eutrophisation du milieu et une perte de la diversité végétale 28 . La jussie s'y est ensuite développée au détriment des espèces
pâturées, notamment du roseau.
Un assèchement long de 7 mois, de mars à septembre compris, a été pratiqué depuis 1998. Dès la première année,
l'éradication totale de Ludwigia grandiflora a été constatée sur une prairie correspondant à un ancien salin. Cette durée a
permis de faire nettement baisser le niveau de la nappe (-76,8 ± 3,4 cm), et ainsi de créer et maintenir des conditions très
défavorables à la survie de la jussie, avec une salinité d'environ 31 g/l (conductivité de 30,8 ± 2,5 mS/cm).
Le résultat obtenu, conforme à l'objectif d'éradication total de la jussie sur ce site, a permis de réduire la durée de
l'assèchement à 6 mois en conservant les effets des stress hydriques et salins, sans réapparition de Ludwigia sur cette unité.
Des résultats similaires auraient probablement pu être obtenus avec des assèchements moins longs, de l'ordre de 2 à 3 mois (Grillas, comm. pers).
Les suivis de végétation n'ont pas été poursuivis sur cette unité, du fait de la disparition de la jussie, mais le gestionnaire a
observé un effet bénéfique de l'assèchement sur le développement des roseaux, scirpes et joncs, et donc sur la ressource
pastorale à moyen terme.
L'assèchement de 7 mois au Méjean a eu un résultat beaucoup moins spectaculaire sur une prairie adjacente à celle décrite
précédemment. Moins bien isolée de la roubine d'alimentation du secteur, le stress salin y est beaucoup plus faible, puisque la
salinité est d'environ 2,3 g/l (conductivité de 3,9 ± 0,4 mS/cm en 1998).
Il a fallu des travaux hydrauliques et une répétition des assèchements pendant 4 ans pour obtenir des conditions plus
défavorables à la jussie et l'éradiquer en été 2001, avec une salinité d'environ 5 g/l (conductivité de 8,7 ± 3,0 mS/cm).
Ainsi, la durée des assèchements doit être ajustée au cas par cas, en évaluant les succès et en mesurant régulièrement
l'humidité et la salinité du sol.
Sur cette parcelle, une remise en eau a été effectuée au moins d'août, plus précocement que les années précédentes afin de
permettre l'ouverture de la chasse. Elle a entraîné une recolonisation par la jussie en septembre.
|
|