Conclusion
L'assèchement est la technique la plus simple à mettre en oeuvre dans les marais méditerranéens et également
la plus économique.
Son efficacité peut être grande, comme dans le cas du Méjean, mais dépend nettement :
- de son intensité, liée à sa durée dans le temps : plus l'assèchement est long, plus les stress hydriques et salins sont
importants et défavorables à la jussie ;
- de sa répétition tous les ans : effet cumulatif des stress ;
- de la gestion passée du site (désalinisation des sols par des apports réguliers d'eau douce en grande quantité depuis
plusieurs années) ;
- de la gestion actuelle des sites périphériques.
L'assèchement et la présence du sel peuvent être utilisés à 2 niveaux :
- soit de manière curative : les stress doivent alors être intenses et répétés ;
- soit de manière préventive : il s'agit alors de trouver un équilibre permettant d'éviter l'installation des jussies, tout en
minimisant les pertes fourragères.
Les assèchements annuels estivaux prolongés sont très vraisemblablement une technique permettant une gestion
intégrée et durable des marais côtiers méditerranéens. En effet, ils permettent l'expression des facteurs de sécheresse et
de salinité qui favorisent la diversité des milieux et des espèces, ainsi que la pérennité d'habitats tels que les roselières,
les prés salés et la sansouire.
La durée de leur mise en oeuvre peut être limitée par les besoins ou les demandes des différents usagers traditionnels
des milieux humides (chasseurs et manadiers) et nécessite une bonne information et une gestion concertée.
L'exemple du Méjean montre que la grande efficacité de cette technique n'est pas définitive et absolue et qu'il convient
de gérer les marais en respectant un principe de précaution vis-à-vis du fort potentiel de développement des jussies.
Ainsi, il est nécessaire d'éviter les remises en eau à une période où celles-ci sont encore en phase de propagation et de
croissance.
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