Efficacité
L'efficacité des phytocides* est liée au type de matière active, qui peut agir au stade
plantule ou adulte, être absorbée par le feuillage ou par les racines, avoir un effet sur les
rhizomes ou non.
Les différentes matières actives autorisées pour les milieux aquatiques ont été testées sur les
jussies 22 ; certaines se sont révélées inefficaces comme le fluridone, le chlortiamide et le
dichlobénil. En effet ces dernières agissent sur les graines et les jeunes plantules et ne sont
pas adaptées à la biologie de la jussie.
D'autres ont présenté une efficacité contestée, liée à leur mode d'action dans la plante 11 .
Le diquat a provoqué un effet très rapide sur le feuillage qui est mort dans les 3 jours. En
revanche, il n'a eu aucune action sur les rhizomes qui ont été capables de produire
rapidement de nouvelles tiges 25 . L'efficacité à moyen terme a donc été faible.
A l'inverse, le glyphosate a eu un impact immédiat modéré puisque le feuillage a jauni mais
ne s'est pas nécrosé 25 . Toutefois, ces parties traitées ont perdu leur fonction et les repousses
à moyen terme ont été moins importantes.
Selon les essais menés sur le site de Sollac, l'efficacité dépend également de la concentration
de matière active, mais aussi du mouillant constituant le produit commercial (Sinnassamy JM., com. pers.).
Ce type de traitement peut donc avoir un "effet retard" difficile à évaluer et risquant
d'entraîner des surdosages, dommageables pour le milieu.
Le glyphosate et l'aminotriazole sont couramment utilisés car ils ont présenté une certaine
efficacité sur la jussie. Sur les marais du Vigueirat 42 , les comparaisons effectuées entre ces
2 matières ont montré une très nette régression de Ludwigia grandiflora environ 2 mois
après traitement. L'efficacité a été plus importante avec l'aminotriazole que le glyphosate,
avec une repousse représentant respectivement 2 % contre 12 % de l'abondance initiale.
La répétition du traitement herbicide 5 jours plus tard n'a pas donné de résultat significatif
pour le glyphosate, alors qu'elle a amélioré l'efficacité de l'aminotriazole.
Dans les 2 cas, l'application d'herbicides a été accompagnée d'un suivi régulier avec
arrachage manuel des repousses pour tenter d'éradiquer la jussie.
Sur le site de Sollac 5 , un traitement des roubines par l'aminotriazole en automne 1998 n'a
pas empêché la progression de la jussie (graphique 1). Des arrachages manuels d'entretien
ont été réalisés dès l'année suivante : malgré l'importance des moyens mis en oeuvre
(équivalent de 120 jours de travail sur 220 m de roubine en début de saison), les herbiers
occupent toujours entre 40 et 55 % de la surface selon la rive 2 ans après le traitement
chimique (Beck N., com. pers.).
Graphique 1 :
évolution du recouvrement de la jussie à Sollac après
traitement phytocide et arrachages manuels d'entretien 5
Sur des placettes expérimentales dans les marais charentais, l'efficacité d'un traitement
chimique au glyphosate dans le cadre d'une combinaison technique a systématiquement
été montrée au bout d'1 an 50 (cf. graphique 2).
En rivière sur le Don 48 , comme dans les marais de Brière 14 , les combinaisons de techniques
associant des traitements phytocides* localisés sur les herbiers les plus développés et des
arrachages manuels ont semblé apporter satisfaction aux gestionnaires pour la facilité et la
complémentarité de leur mise en oeuvre. En effet, l'arrachage est rendu plus aisé par le
traitement phytocide* localisé préalable. Toutefois, leur application est trop récente pour
en évaluer l'efficacité à moyen terme.