Synthèse des techniques agissant sur les populations ( - cf -)
techniques efficacité inconvénients coût
arrachage
mécanique
0 à moyen terme si pas d'entretien

le matériel joue sur la qualité du travail et de la repousse : le godet est plus efficace que la griffe
• absence de sélectivité
• risque de propagation pendant le chantier et le transport
• importants volumes de rémanents à traiter
+++ à ++++
très variable, dépend :
- de l'accessibilité
- du coût d'évacuation et de destruction des rémanents
phytocides
+ arrachage
mécanique + entretien manuel
ou phytocide + entretien manuel
??? pas encore assez de suivi

l'aminotriazole est plus efficace que le glyphosate

l'application localisée de phytocide facilite l'arrachage et empêche les risques de contamination car les boutures sont mortes
• absence de sélectivité
• risque de toxicité pour le milieu :
- obligation de respecter les doses et les conditions d'application
- interdiction d'utilisation si pompage d’eau potable à l'aval ou trop forte concentration de produits phytosanitaires
• importants volumes de rémanents à traiter
variable, dépend :
- du produit : le glyphosate est moins cher que l'aminotriazole - de l'accessibilité
- du coût d'évacuation et de destruction des rémanents
arrachage manuel peu efficace si pas de répétition • pénibilité du travail
• risque de propagation pendant le chantier
• rémanents à traiter
+++ à ++++
dépend :
- de l'accessibilité
- du coût d'évacuation et de destruction des rémanents
pose de filtres + à +++ selon le modèle,
intérêt de multiplier les filtres souples (grillage) en cas de fortes propagations
• nécessite un nettoyage et un entretien régulier selon les conditions
• empêche le passage des embarcations
• peut créer des embâcles
• peut limiter la circulation de la faune
+
selon modèle, taille du canal, accessibilité
prévoir les temps de nettoyage et d'entretien


Conclusion

L'efficacité et le coût des techniques dépendent fortement des sites et sont liés à de nombreux facteurs tels que :
  • le degré de colonisation par les jussies, les flux de boutures ;
  • les conditions de milieu : humidité, salinité, topographie ;
  • le réseau hydraulique et la gestion de l'eau : maîtrise de la gestion, possibilité d'isoler efficacement les unités, possibilité d'assécher ;
  • les accès, la portance des sols, la proximité des lieux de stockage et de traitement des rémanents…

Pour les techniques agissant sur les conditions de milieux, les essais menés en Languedoc-Roussillon ont montré l'efficacité de deux types de combinaisons techniques entraînant la disparition de la jussie en 1 à 3 ans :
  • pour les marais : assèchements estivaux longs complétés par la pose de filtres sur les canaux ;
  • pour les canaux : curage et reprofilage, arrachage manuels d'entretien, pose de filtres et mise en place de points d'abreuvement pour limiter l'effondrement des berges par le passage des troupeaux.

Les techniques agissant directement sur les populations de jussie ne permettent pas de faire disparaître définitivement les plantes aquatiques envahissantes (jussie, myriophylle ou lagarosiphon) des milieux où elles sont installées. Les techniques mécaniques et chimiques peuvent réduire notablement la quantité de plantes présentes, mais les recolonisations sont rapides, environ 2 ans, alors que les coûts d'intervention sont importants.

Les premiers résultats des combinaisons techniques permettent d'espérer limiter les réenvahissements mais les expériences sont trop récentes pour porter un jugement définitif.


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