LA LETTRE DE L'ENVIRONNEMENT
en Languedoc-Roussillon N°21


LE FUTUR PARC NATUREL REGIONAL
DE LA NARBONNAISE EN MEDITERRANEE



Le futur Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée est dans la dernière ligne droite de sa labellisation. En effet, dans quelques mois, si les Collectivités locales et les Chambres consulaires confirment leurs adhésions, le Ministère de l'Environnement signera le décret de création du Parc. A cette occasion, la Lettre de l'Environnement tire un bilan des actions déjà réalisées sur ce territoire et celles à venir. Maire, pêcheur, enseignant, viticulteur, industriel, artisan, musicienne..., ils sont nombreux à témoigner dans cette revue sur l'apport déterminant du Parc dans leur vie quotidienne. Tous rendent un avis unanime : du plateau de Leucate aux Corbières, en passant par Narbonne ou l'étang de Bages-Sigean, le Parc naturel régional de la Narbonnaise est un puissant outil de développement local.


"L'unité dans la diversité". A l'image de certains Etats qui l'utilisent déjà, cette devise pourrait être appliquée au futur Parc naturel régional de la Narbonnaise. Unité tout d'abord, car c'est un projet collectif, porté par des milliers d'habitants fortement attachés à leur territoire. Milliers d'habitants qui, faisant fi de clivages politiques, culturels ou sociaux, travaillent main dans la main pour faire aboutir ce projet de Parc qui transformerait leur environnement quotidien. Cette capacité à travailler en commun, cette unité est d'autant plus frappante et efficace qu'elle s'inscrit dans la diversité du Parc. Un inventaire à la Prévert y suffirait-il ? Innombrables sont les richesses naturelles, patrimoniales, culturelles... du futur Parc naturel régional. Depuis le littoral en passant par les zones humides et les massifs de la Clape, de Fontfroide et des Corbières Maritimes, sans oublier les basses plaines de l'Aude ou le Plateau de Leucate, la rencontre des éléments génère ici une extraordinaire diversité de sites et de paysages. C'est celle-ci qui a motivé en partie l'idée de lancer ce projet en décembre 1993. A cette époque, conscients de la richesse de leur patrimoine, mais aussi de sa fragilité (dégradation, entre autres, du complexe lagunaire du Narbonnais), les six Communes riveraines des étangs, le Conseil Général de l'Aude, le Conseil Régional du Languedoc-Roussillon et l'Etat envisagent la création d'un Parc naturel régional. C'était le seul outil qui apparaissait capable de promouvoir et de faire vivre, tout en le protégeant, un patrimoine naturel et culturel hors du commun. A cette époque, le futur Parc est conçu comme une démarche de développement durable de son territoire. Cette mission est toujours d'actualité, à l'image par exemple de certains projets articulés autour du sel, qui allient les aspects culturels, touristiques, économiques, protection de la nature... en parfaite harmonie.


LE SEL, OUTIL DE DEVELOPPEMENT DURABLE

Dans l'Aude, la récolte du sel, attestée depuis l'an Mil, a toujours été une activité dynamique, source de richesses et d'échanges commerciaux intenses. Au-delà d'un simple travail, la saline régissait la vie de tous les villages alentours : les saisons, les fêtes, l'organisation sociale... Les salins de l'Aude sont donc un produit de la longue histoire des rapports que l'homme entretient avec son environnement. Ils constituent des paysages exceptionnels qui expriment le jeu complexe entre nature et culture. La révélation et la mise en valeur de tout ce patrimoine a constitué d'emblée un enjeu essentiel du projet de Parc naturel régional mis en oeuvre sur ce territoire. Pour cela, il fallait approfondir avec la population locale la connaissance de cette histoire toujours présente du sel dans l'Aude, et engager des actions d'ouverture au public des salins. C'est chose faite depuis l'année dernière avec l'aménagement du salin de St Martin à Gruissan, créé en 1911 et encore en activité aujourd'hui. Durant une heure, en parcourant un circuit de 3 kilomètres, ponctué de bornes thématiques, un guide nous dévoile la magie de la récolte. En sus de cette visite, un écomusée du sel a été créé sur le lieu. Dédié aux métiers du sel et à l'histoire des sauniers, il est un complément indispensable à la visite extérieure. "Ce parcours rencontre un succès croissant. Nous avons augmenté la fréquentation de 50% en un an, avec près de 8.000 visiteurs, de toutes origines", commente avec fierté Patrice Gabanou, responsable des salins du Midi à Gruissan. A côté de l'aspect touristique, le penchant économique n'est pas oublié, avec la naissance, voilà deux ans, de la Fleur de sel de Gruissan, conditionnée dans d'esthétiques pots de verre. Ce sel possède des qualités gustatives remarquables et c'est un produit particulièrement recherché par les gourmets. Cette initiative renoue avec les savoir-faire traditionnels que l'on cherche à dynamiser dans le cadre du futur Parc naturel régional. "C'est un condiment qui plaît énormément. Nous avons d'ailleurs une réflexion en cours pour une démarche AOC "Fleur de sel de Gruissan". Cette valorisation économique est très importante. En achetant le produit, les gens permettent le maintien de l'activité salinière et par là même, préservent l'écosystème si riche qui lui est lié". Vastes zones humides entre terre et mer, les tables salantes sont aussi des havres de paix où plantes et animaux reprennent leurs droits. Elles sont notamment des aires naturelles de reproduction de plusieurs espèces d'oiseaux migrateurs. L'équipe de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) de l'Aude suit depuis plus de dix ans, la reproduction des sternes sur cette partie du littoral, et en particulier les sternes naines, appelées aussi "hirondelles de mer". Depuis longtemps, elles tentent de se reproduire sur les plages. Malheureusement, ces lieux sont fréquentés par de nombreux utilisateurs et depuis plusieurs années, aucune colonie n'a pu mener à bien l'élevage de ses jeunes. "Nous avons donc créé un îlot artificiel de 700 m2 pour faciliter les nidifications. Le résultat s'avère particulièrement payant puisque 200 couples sont venus nicher cette année, permettant l'envol de 300 poussins de sternes naines qui iront rejoindre leurs quartiers d'hiver africains", explique Sylvain Albouis, chargé de mission environnement à la LPO. "Dans le cadre du Parc naturel régional de la Narbonnaise, une expérience pilote remarquable est menée dans l'Aude, expérience que l'on doit poursuivre et étendre à d'autres sites. Le partenariat entre les salins, secteur économique, et la LPO, association de protection de la nature, est un exemple de la bonne entente entre les différents acteurs locaux".


Réhabiliter la saline de Peyriac de Mer

D'une saline à l'autre, on innove pour mettre en valeur son territoire. Non loin de Gruissan, Peyriac de Mer est une Commune viticole placée en rive occidentale de l'étang de Bages-Sigean. Elle dispose d'une saline peu profonde occupant une vaste baie ouverte sur l'étang. Construite dès le Moyen Âge, la saline de Peyriac a continué son activité jusqu'en 1968. Son acquisition par le Conservatoire du Littoral a permis de couper court aux différents projets d'urbanisation qui menaçaient le site. Il était toutefois important de ne pas s'arrêter en chemin, et la Commune, dans le cadre du projet de Parc naturel régional, a défini un véritable plan de gestion. Sa clé de voûtes ? Un magnifique sentier de planches de deux kilomètres qui serpente entre la saline et les étangs du Doul et de Bages Sigean. Il permet à tous les amoureux de la nature de se balader dans un environnement exceptionnel, de découvrir la flore et la faune locales tout en ayant les yeux éblouis par la saline, l'étang, le village... Un parcours à vocation à la fois écologique et touristique et une opération qui s'inscrit dans ce que préfigure le futur Parc. "Très esthétiques, ces longues passerelles de bois qui sinuent au-dessus de l'eau plaisent aux touristes et aux habitants du village. De loin, on peut observer l'avifaune locale, tout en prenant soin de ne pas la déranger. Ainsi, à la demande de la Ligue de Protection des Oiseaux, on évite par exemple l'éperon du Castellet. Il est en effet un site de nidification pour plusieurs espèces d'oiseaux", explique Guillaume Sales, technicien de l'équipe du projet de Parc et responsable du site. Il rajoute : "Ce plan de gestion que nous essayons d'appliquer actuellement sur le fonctionnement hydraulique de la saline et la protection de sa faune est réalisé en étroit partenariat avec le Centre Permanent d'Initiative pour l'Environnement". Bientôt, le chemin de planches de Peyriac s'inscrira dans une grande boucle de l'étang de Bages. Elle doit en effet s'ouvrir prochainement sur un sentier de randonnée de près de 75 kilomètres, baptisé "le sentier du golfe antique" , qui sera un outil de plus pour la valorisation du Parc naturel régional de la Narbonnaise.


DES PAYSAGES DU PARC A SON PATRIMOINE BATI

Au même titre que les étangs, le massif de la Clape constitue un des sites les plus remarquables du périmètre du futur Parc naturel régional du Pays narbonnais. Cet immense "caillou" de calcaire s'étend sur 15 000 hectares. A l'image du Parc lui-même, il est d'une grande variété de biotopes. Il est en effet constitué de zones rocheuses, avec une végétation basse de garrigues, des cuvettes cultivées en vigne, des vallons, des versants boisés... L'ensemble du massif comporte également des falaises remarquables qui abritent un patrimoine exceptionnel. La richesse faunistique et floristique a été reconnue au niveau national, permettant de protéger une grande partie de la Clape. 7500 hectares sont en site classé et en zone de protection spéciale, ce qui n'est pas sans poser quelquefois des problèmes, dans lesquels l'équipe du Parc naturel régional s'investit. Michel de Braquilanges, propriétaire-forestier et président du syndicat des vignerons de la Clape témoigne à ce sujet : "En étant sur un site protégé, il nous est difficile d'exploiter notre forêt au cas par cas ; ce qui est gênant, car son développement est anarchique, elle s'asphyxie, elle peut brûler... Or, dans le cadre d'une réunion récente avec l'équipe du projet de Parc, celui-ci nous a proposé de nous aider à présenter à la Commission des Sites un plan de gestion de l'ensemble de la forêt privée du massif de la Clape. Ce dernier, d'une durée d'au moins dix ans, prend en compte la préservation de la biodiversité et des paysages. L'adoption de ce plan nous permettrait alors d'entretenir notre forêt, en plantant et coupant certaines espèces, à des endroits bien précis... Cet exemple est révélateur de l'appui technique, du conseil que peut nous offrir une structure comme celle du Parc naturel régional. C'est indispensable...". Bien que le patrimoine naturel de la Clape soit identifié et légalement protégé en partie, des pressions existent, notamment en raison d'une fréquentation anarchique du site, accentuée en période estivale. "Les falaises de la Clape sont un spot très connu pour l'escalade et la varappe. Mais cette activité, qui ne cesse d'augmenter depuis dix ans, ne peut continuer que si elle est respectueuse de l'environnement", explique Jean-Marc Tissier, responsable de l'antenne ONF sur le littoral. "Il faut que les pratiquants évitent les sites de nidification des oiseaux, prennent soin des plantes rares qui poussent sur ces falaises, arrêtent de jeter leurs mégots ou leurs emballages de barres énergétiques !", s'exclame-t-il. Ainsi, les gestionnaires de ce massif cherchent à mettre au point une charte d'utilisation des falaises qui respecte celles-ci. "En collaboration avec les chargés d'étude du projet de Parc de la Narbonnaise, d'autres actions, et elles sont nombreuses, sont mises en chantier sur la Clape, comme la mise en tranquillité d'une grotte à chauve-souris", souligne Jean-Marc Tissier. Là aussi, il s'agit d'aménager les abords de la caverne pour limiter la fréquentation touristique et donc préserver cette faune fragile. En raison de toutes ces préoccupations environnementales, un programme LIFE (L'instrument Financier pour l'Environnement de l'Europe) a vu le jour l'année dernière sur la Clape. Son objectif est d'élaborer des orientations de gestion à l'échelle du massif, permettant de concilier les activités humaines à vocation économique et la conservation des espèces et des habitats.


Le Coche d'eau du patrimoine, une lecture du paysage

Si certains escaladent les sites du Pays Narbonnais pour observer les paysages, d'autres préfèrent les lire au fil de l'eau. Dix heures du matin, cours Mirabeau, à Narbonne : un coup de corne de brume retentit dans le quartier. Doucement, avec mesure, la péniche "La Tramontane" s'élance sur le canal, glissant de pont en écluse. S'inscrivant dans le projet du Parc naturel régional, ce coche d'eau accueille chaque année des milliers de passagers qui s'imprègnent du patrimoine fluvial et lagunaire traversé. "La Tramontane", gérée par le Centre Permanent d'Initiative pour l'Environnement, emprunte le canal de la Robine, qui au même titre que le canal du Midi, est un marqueur identitaire fort de la Narbonnaise. Ces canaux ont été en effet un acte majeur de l'aménagement de ce territoire. Le Parc naturel régional ne pouvait que soutenir cette "diligence" d'eau douce qui permet de découvrir la région d'une manière originale. Beaucoup plus qu'un déplacement de quelques kilomètres, il s'agit d'un étonnant voyage hors du temps et dans l'histoire. On embarque en effet devant le vieux pont des marchands, dont les sept arches primitives soutenaient la fameuse voie domitienne. On passe ensuite du domaine des ceps à celui des "senilhs", ces grands roseaux des marécages annonçant la proximité des lagunes. Michel Moynier, adjoint au maire de Narbonne, vibre lorsqu'on parle de cette réalisation : "C'est un concept innovant, qui s'impose comme un guide actif, un outil privilégié d'interprétation et de mise en valeur du patrimoine. Il associe à la compréhension du territoire, le plaisir d'une croisière au fil de l'eau où le défilé lent et continu du paysage permet une lecture attentive ; où l'appareil photographique et les jumelles permettent d'observer attentivement faune, flore du littoral et des canaux". Le succès est si grand pour ce type de tourisme qu'un second coche d'eau a été mis à l'eau l'année dernière. Baptisé "Pays d'Oc", soutenu financièrement par la Région Languedoc-Roussillon dans le cadre du futur Parc naturel régional, il emprunte une autre voie, à travers le vignoble, pour finir au village typique du Somail. "Cette seconde péniche attire les foules, elle aussi. Elle bénéficie du classement au patrimoine mondial de l'humanité du canal du Midi et de la Robine, et de la popularité que cela a engendré. D'ailleurs, on raconte aussi que c'est sur le trajet du canal que Charles Trenet, bouleversé par la beauté du site, aurait imaginé la chanson "La Mer", commente Michel Moynier. Parallèlement à cette activité touristique, un travail important de reconquête de la qualité de l'eau du canal de La Robine est mené par l'équipe du futur Parc naturel régional de la Narbonnaise.


Les lignes électriques : destination la terre

S'imprégner d'un paysage naturel, vierge, c'est enlever tout ce que l'homme a du implanter pour accompagner et satisfaire sa soif légitime de développement technologique. Ainsi, la Région Languedoc-Roussillon, le Conseil général de l'Aude, certaines Communes concernées par le futur Parc naturel de la Narbonnaise et EDF ont initié une opération que réclamaient les défenseurs de l'environ- nement et des paysages. Il s'agit de dissimuler des lignes électriques dans diverses zones du Parc, situées principalement dans le Massif de la Clape, au bord de l'étang de Bages-Sigean et dans quelques villages des Corbières. Ces travaux ont été financés dans le cadre du protocole pour "l'insertion des réseaux électriques dans l'environnement", signé entre l'Etat et EDF. Une étude des points sensibles, réalisée par l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement, a permis de déterminer les différents sites. Cette opération exemplaire, regroupant toutes les collectivités locales et EDF, préfigure un partenariat à plus ou moins long terme dans le cadre du Parc naturel régional de la Narbonnaise. D'autres enfouissements de ligne sont ainsi prévus dans les années à venir, pour le plus grand plaisir des amoureux des paysages.


Mettre en valeur le patrimoine bâti

Qui dit beauté des paysages, dit aussi harmonie des constructions qui le parsèment. Nombreux sont ceux qui ont découvert à la faveur d'une balade dans l'Aude le charme d'un village ou d'une maison vigneronne. Qui ne s'est pas arrêté pour observer une décoration en trompe l'oeil, un encadrement de porte moulurée, les arabesques d'une ferronnerie; autant de détails architecturaux qui signent le savoir-faire d'un artisan. Tous ces éléments constituent un patrimoine à part entière qui caractérise cette région. C'est une richesse à gérer et à valoriser dans le cadre d'un Parc naturel régional au même titre que les monuments historiques ou les espaces naturels. Pourtant, ce patrimoine est menacé, abandonné, lorsque les coeurs de village se vident, ou tout simplement dégradé par des interventions récentes qui ne respectent pas toujours les modes constructifs locaux ou les intentions d'origine des bâtisseurs. Mais pour le restaurer en le respectant, encore faut-il connaître ce patrimoine, comprendre comment il a été construit et façonné... Pour cela, il faut mobiliser un certain savoir-faire que seuls les professionnels sont capables d'apporter aujourd'hui : architectes, artisans, maçons, peintres, menuisiers, ferronniers... A leur intention et celle de l'ensemble des citoyens concernés, de nombreux projets ont vu le jour dans le cadre du futur Parc naturel régional. En collaboration avec diverses institutions (Chambre de métiers de l'Aude, Confédération de l'Artisanat et des petites entreprises du bâtiment de l'Aude, Conseil d'architecture, d'Urbanisme et d'Environnement de l'Aude), a été éditée une plaquette de sensibilisation à l'architecture vernaculaire de village. Distribué largement dans les Communes, cet ouvrage sensibilise les habitants à leur héritage bâti, qui fait la richesse et le caractère de la Narbonnaise. Il leur indique notamment les erreurs à ne pas commettre lors de réparations ou constructions à réaliser, les matériaux du pays à employer, les éléments de décoration à privilégier... Cette action vient compléter une autre opération lancée par l'équipe du Parc avec la Chambre de Métiers de l'Aude, à savoir des sessions de formation des artisans aux techniques traditionnelles de rénovation. Christian Roux, artisan à Port la Nouvelle, a suivi un de ces modules : " Dans la restauration des façades, on a utilisé pendant des années le ciment, ce qui est une hérésie. Grâce à cette session de formation, on a appris à utiliser la chaux naturelle, matériau d'autrefois. Par sa souplesse, sa plasticité, sa blancheur, sa perméabilité à l'eau, cet enduit allie parfaitement protection et esthétique des façades". Ces sessions de formation ont porté leurs fruits car les mentalités changent. "Nous sensibilisons maintenant nos clients qui se tournent vers la chaux dans la construction ou la rénovation de leurs maisons. C'est une belle réussite, nous sommes demandeurs d'autres modules de formation...". Si les artisans retrouvent les gestes du passé, les habitants redécouvrent leur architecture traditionnelle. Des chantiers de démonstration sont ouverts dans les villages pour sensibiliser les habitants. Une exposition itinérante "La Matériauthèque", présente la qualité esthétique des huisseries, ferrures, encadrements, couvertures et enduits traditionnels. La dynamique est bel et bien lancée. Depuis, quantité de projets de rénovation ont pris corps, à l'image de celui de Sigean. Jacky Mourrut, son maire, explique : "Nous avons initié un programme important de restauration dans la ville, surtout dans son centre historique. Au niveau de la voirie, nous allons camoufler tous les câbles d'électricité, de téléphone et installer de beaux éclairages d'époque. Nous travaillons aussi avec les propriétaires privés pour qu'il y ait une unité dans le traitement des façades, les portes, les encadrements, les serrureries, les ferronneries... de leurs maisons. De même, nous allons restaurer la mairie qui est un vieux bâtiment, les remparts, l'église, le vieux château seigneurial... Avoir un beau cadre de vie urbain, c'est important et le Parc nous y aide".


PECHEURS, CHASSEURS, INDUSTRIELS, AGRICULTEURS : MEME COMBAT

Maintenir l'activité des hommes vivant de la pêche lagunaire

Les étangs du Narbonnais constituent un vaste complexe lagunaire, remarquable à l'échelle régionale par ses paysages et ses richesses naturelles. Exploités par une soixantaine d'entreprises de pêche artisanale, ces étangs représentent un enjeu économique et social important au niveau local. Dans le cadre du projet de Parc naturel régional, une large réflexion s'est engagée autour de la gestion du milieu lagunaire et des usages qui y sont liés. En effet, sur les étangs de Bages-Sigean comme sur ceux de Gruissan, différentes voies de dégradation sont actuellement identifiées : par exemple, l'activité de pêche traditionnelle montre des signes de fragilisation, directement liés à la baisse de ressource en anguilles. "En effet, ce poisson représente actuellement environ 60% de nos captures sur les étangs. Mais, entre 1985 et 1995, le volume de pêche a baissé d'environ 40%" explique René Martin, pêcheur-prud'homme sur l'étang de Bages. "Pourtant, l'économie de ce poisson est porteuse. Chaque année, le marché européen est déficitaire, si bien qu'il a recours à des importations de pays tiers". En collaboration avec le CEPRALMAR et les prud'homies des étangs (structures qui défendent les intérêts de la communauté règlent les conflits entre pêcheurs, organisent le partage de la ressource etc. ), l'équipe du Parc s'est donc penchée sur les problèmes de l'anguille. Le travail réalisé a permis d'analyser précisément la situation de la pêcherie et de hiérarchiser les causes de la raréfaction des anguilles. La première menace est celle qui pèse sur l'ensemble du stock européen d'anguilles, liée à la dégradation de l'habitat de ce grand migrateur (barrages, pollutions...), à des problèmes pathologiques (parasite originaire d'Asie du Sud-est) et peut-être aussi à des changements climatiques. Ces causes sont multiples, complexes et parfois lointaines et entraînent une diminution des civelles (jeunes anguilles) qui entrent dans les lagunes méditerranéennes pour grossir. Au niveau local, des mesures doivent cependant être prises pour mieux valoriser la ressource anguillère : améliorer les conditions d'échange mer-étang, limiter les problèmes de pollution et respecter les techniques et calendriers de pêche traditionnels. Sur la base de ce diagnostic, de nombreuses initiatives ont déjà vu le jour dans le cadre du projet de Parc naturel régional : par exemple, il a été aménagé, en concertation avec les Services Maritimes, un calendrier de dragage du chenal de Port-la-Nouvelle pour limiter au maximum la turbidité en période d'entrée des civelles dans l'étang de Bages-Sigean. Sur les problèmes de qualité de l'eau, le Parc a identifié les différentes sources polluantes après un long travail d'enquête. Des problèmes d'eutrophisation et la présence de micropolluants ont été révélés dans les étangs, en relation directe avec les apports des bassins versants. "Or, l'anguille est une espèce particulièrement sensible à une contamination par les polluants. Les métaux lourds et les pesticides affectent sa croissance et ses capacités de reproduction", commente René Martin. Un des principaux enjeux du futur Parc est donc de réduire au maximum les rejets polluants sur les bassins versants des étangs, par une collaboration étroite avec les Communes, les industriels et les agriculteurs.


Travailler avec l'industrie pour limiter ses pollutions

Un certain nombre d'activités situées dans le futur Parc ou sur ses franges immédiates ont un impact sur l'environnement et notamment sur les étangs. L'objectif du futur Parc est d'aider à limiter ces pollutions qui nuisent à la qualité des eaux. Ainsi, un travail constructif est engagé avec les industries afin de renforcer la réduction de leurs nuisances et de promouvoir leurs démarches qualité environnement. La société Micron-Couleur, installée sur la zone industrielle de Malvezy, à Narbonne, en est un bon exemple. Cette entreprise de 115 salariés fabrique des pigments colorés pour les peintures, les encres, les matières plastiques... Elle utilise dans ses process de fabrication du cadmium qu'on a pu retrouver dans les étangs. Pour chercher à limiter cette pollution, un long travail a déjà été mené par cette entreprise avec les institutions et est poursuivi avec l'aide du futur Parc. "C'est vrai que nous sommes en étroite collaboration avec nos interlocuteurs du Parc car nous avons la même optique : protéger au maximum l'environnement. Nous allons mettre en place dans notre entreprise une structure de ménagement de la prise en compte de la gestion de l'environnement, en nous appuyant sur la norme ISO 14 000. Nous avons déjà beaucoup investi dans nos stations de traitements des effluents contenant des métaux lourds, etc...," explique Nathalie Benyayenne, responsable environnement au sein de la société Micron-Couleur. Ce travail qui est mené avec les industries doit aussi s'étendre aux activités agricoles, en favorisant des techniques respectueuses de l'environnement, et aux autres sources de pollution, comme les stations d'épuration, qui rejettent azote et phosphore dans les eaux des étangs.


La chasse, une activité pratiquée depuis des siècles

Si les pêcheurs cherchent à protéger leur poisson, les chasseurs font de même avec le gibier de la Narbonnaise. A ce propos, une mise au point mérite d'être faite. Périodiquement, lors d'animations de réunions sur le futur Parc naturel régional, une question revient sur les lèvres de nombreux villageois : va-t-on supprimer la chasse lorsque le parc existera ? Il n'en est évidement pas question... La chasse est une coutume ancrée depuis des siècles dans la vie locale de cette région de l'Aude, qui compte des milliers de pratiquants. D'ailleurs, dans le cadre du futur Parc naturel régional une convention a été récemment signée entre l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement et la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Aude. Elle prévoit notamment le recrutement de cinq emplois-jeunes sur le territoire du Parc. Deux d'entre eux assureront les fonctions d'agents de gestion de groupements d'intérêt cynégétique, deux autres le suivi de réserves de chasse et de l'étang de Campignol, le dernier devenant animateur du musée de la flore et de la faune sauvage de Gasparet, sur la Commune de Boutenac. Là aussi, on retrouve différentes missions du Parc qui s'imbriquent et se complètent : préservation de la culture locale, gestion de la nature et son entretien, développement économique et touristique avec le musée...


Leucate : marier le vin à son paysage

Au même titre que la chasse, la vigne est une activité séculaire du futur Parc naturel régional de la Narbonnaise. Depuis l'antiquité, les hommes de ce territoire sont liés à son histoire. Le vin est la première activité économique de la région et il l'a finalement modelée. Dès son lancement le projet de Parc a pris en compte la profession viti-vinicole pour accompagner certains de ses projets. L'aménagement du plateau de Leucate en fait partie. Longeant la mer au niveau de la falaise de Leucate, il était autrefois occupé essentiellement par de la vigne. Cette activité a engendré un paysage typique par la présence de murets qui maillent ce territoire. Derrière ces murets étaient plantées des haies d'amandier et, bien à l'abri, des pêchers de vigne. Malheureusement, le plateau a beaucoup souffert de la déprise agricole, le pastoralisme qui occupait également l'espace a complètement disparu. La friche s'est développée, les pierres des murets ont été volées et un phénomène de "cabanisation" s'est mis en place, à savoir l'installation anarchique de caravanes et de cabanons sur le plateau. Face à cette dégradation de l'espace, les vignerons de Leucate ont réagi. Ils ont lancé un plan de développement durable et travaillent avec l'équipe du Parc pour remettre en valeur leur patrimoine. Pour cela, diverses actions ont été engagées. "De nombreux hectares de vignes ont été replantés, ainsi que des parcelles d'arbres fruitiers. Mais nous avons aussi redonné son caractère au plateau, en redressant les murettes, en nettoyant les haies. Nous avons aussi mis en place une boucle de promenade qui évolue sur le plateau et fait découvrir aux visiteurs ce patrimoine bâti, floristique et faunistique remarquable", commente Joël Castany, président des vignerons du Cap Leucate. Mais au-delà de la remise en valeur paysagère, il y a aussi un souci de valorisation économique tout légitime de la part des vignerons. "L'idée est que les visiteurs associent la qualité des paysages et du territoire à celle des vins qui y sont produits. Cela entre tout à fait dans l'optique du projet de Parc qui s'engage dans une mise en valeur du territoire environnant pour une meilleure commercialisation de leurs produits". Et cela marche... Depuis trois ans, le chiffre d'affaires des ventes de vin au caveau de Leucate ne cesse d'augmenter. Devant l'engouement des visiteurs et la participation active des agriculteurs, d'autres projets voient le jour sur le plateau. "Nous allons aménager une immense cuve à vin dans laquelle les gens pourront rentrer et découvrir le travail qui y est fait. Nous avons aussi créé une association de défense du patrimoine, de la culture et de la gastronomie de Leucate qui pourra valoriser les amandes, les pêches du plateau. Chez nous, on fourmille d'idées !", s'exclame avec jubilation Joël Castany.


QUAND LE PARC RIME AVEC TOURISME, CULTURE ET EDUCATION

Riche d'une occupation humaine multiséculaire, le territoire du Parc naturel régional fut de tous temps un lieu de vie mais également d'échange, par voies terrestre et maritime, pour les peuples qui s'y établirent. Il convient à ce titre d'évoquer la voie héracléenne aux origines probablement préhistoriques, l'ouverture sur la Méditerranée et les contacts établis par le peuple élisyque avec le monde ibère, grec et punique. On peut citer aussi la fondation de la colonie romaine, puis de la province de la narbonnaise, la création de la voie Domitienne et l'expansion du port de la cité de Narbonne. Plus tard, l'art roman puis gothique léguèrent de véritables joyaux, tels l'abbaye de Fontfroide, le palais des Archevêques ou la Cathédrale de Narbonne... Grâce à ce brassage et cette longue histoire, il va sans dire que la culture présente sur le Pays narbonnais revêt de multiples formes, que ce soit sur le plan architectural, mais aussi musical, littéraire, gastronomique... Ce riche patrimoine servit, entre autres, de terreau à la culture occitane. Elle a eu une influence considérable qui s'exerce encore dans les villes et villages de la région et l'équipe du Parc se soucie de faire vivre et promouvoir cette tradition locale. Elle est à l'initiative d'une manifestation baptisée Terres d'Oc, qui chaque été, organise des rencontres artistiques autour de l'occitan. Sophie Jacques y participe régulièrement. Cette musicienne joue d'un instrument local, la bodega (la cornemuse de la montagne noire) et a créé deux groupes occitans : Josèp le Gavach et Sophie et les Occiputs. "Terres d'Oc est un moyen de faire redécouvrir notre culture. Dans chaque village où nous passons, nous faisons revivre certaines traditions, comme les danses de fécos, le buffoli. Nous jouons des airs traditionnels occitans. Nous rencontrons un public intéressé qui se réapproprie son patrimoine". Faire vivre une langue sur un territoire est aussi primordial que protéger un étang, un aigle ou un paysage. Sophie Jacques est en accord avec cette mission dont s'acquittera tous les jours le Parc naturel régional de la Narbonnaise. "Notre langue occitane vit encore, malgré toutes les attaques dont elle a fait l'objet depuis plus de 400 ans. Nous constatons un recul du nombre de gens qui la parlent, mais l'occitan continue à être enseigné via les calendretas dont le nombre augmente régulièrement. Il y a plus de production littéraire occitane qu'il y en a jamais eu. C'est un signe que notre Pays Narbonnais et ses habitants s'investissent dans la culture. Tant mieux, car une région qui se déculture, c'est une région qui meurt !".


D'un tourisme à l'autre

On le sait, le Pays Narbonnais attire des milliers de touristes européens grâce en particulier à son littoral. Des kilomètres de plages larges au sable fin, plus de 310 jours d'ensoleillement par an, une mer propre et calme, représentent la "trilogie sacrée" des juilletistes et aoûtiens. En plus, cette côte est connue pour son aspect sauvage (seulement 28% des côtes urbanisées contre une moyenne de 43% pour l'ensemble de la Méditerranée). Ainsi, le littoral de l'Aude est labellisé Pavillon Bleu d'Europe, une distinction décernée chaque année aux plages et aux ports de plaisance de qualité. Il est donc nécessaire de développer ce tourisme de stations comme Gruissan, Port-la-Nouvelle, Narbonne Plage, Saint-Pierre la Mer, Leucate..., qui en tirent d'importantes retombées en terme d'image et d'économie. Il devient même indispensable de travailler pour l'amélioration du bâti, des infrastructures d'accueil, des prestations sportives et culturelles offertes par ces cités balnéaires. Si l'équipe du Parc se soucie de promouvoir ce tourisme de bord de mer, elle a aussi comme priorité d'agir pour l'arrière-pays narbonnais et tous ses sites (Abbaye de Fontfroide, Château de Lastours, Amphoralis, Musée de l'olive, Miellerie des Clauses...). Dans les zones rurales, elle veut impulser un écotourisme qui implique un impact minimum sur les sites naturels, une valorisation de la culture locale, une découverte harmonieuse du patrimoine. De nombreuses collaborations ont donc été engagées pour l'assurer. Citons par exemple la valorisation des lieux d'hébergement en Narbonnaise. En partenariat avec le Comité audois de la Fédération nationale de l'industrie hôtelière, deux grandes lignes d'action ont été établies. Maurice Alquier, son président, explique : "Le Parc soutient l'hôtellerie familiale de petite capacité, qui compose 95% des hôtels de l'Aude. Si elle présente un intérêt patrimonial, ou si elle est située à proximité d'un site naturel, le Parc va nous aider à la développer en favorisant l'ouverture hors saison et la requalification de l'habitat". De même, le Parc va aider à améliorer la qualité de la restauration en privilégiant les recettes et produits du terroir. "Nous allons mettre en place sur le territoire du Parc le label national de qualité "Restaurateurs de France", en ajoutant la possibilité d'offrir à la carte ou au menu une "assiette du Parc naturel" réalisée avec les produits du terroir (bourride d'anguilles, gibier, miel...)". La gastronomie, au même titre que les autres produits et services du Pays narbonnais, pourra bénéficier ainsi du label "Parc naturel", qui est un gage de qualité et un puissant outil de promotion et de commercialisation.


L'éducation à l'environnement, une priorité pour le Parc

Un des grands objectifs du Parc est de mettre en oeuvre un projet d'envergure en matière d'éducation à l'environnement. Pour cela, il a mis en place "L'école du Parc", destinée aux établissements scolaires du territoire. Ainsi, une convention de partenariat est établie entre l'Education Nationale et l'Ecole du Parc qui fixe divers objectifs communs : la formation des enseignants, des intervenants extérieurs et leur agrément ; l'aide au montage, la labellisation des projets et leur financement. Ainsi, de nombreuses actions pédagogiques ont été initiées au cours de l'année scolaire 97-98 et continuent pour 98-99. Avec la participation d'animateurs "Ecole du Parc" qui apportent connaissance et technique de terrain aux élèves et enseignants, des actions pratiques voient le jour. Citons par exemple, le balisage d'un sentier de découverte et la création d'un topoguide par une classe de BEPA du lycée agricole de Lézignan ; ou la découverte du milieu lagunaire de l'étang de Bages Sigean par une classe de CM1 et CM2 de l'école primaire de Prat de Cest. Jacques Khoudir, instituteur à Villeneuve des Corbières, a mené un projet intéressant : "Avec 40 élèves allant des grandes maternelles au CM2, nous sommes allés à la rencontre de la rivière La Berre, qui se jette dans l'étang de Sigean. Avec les animateurs, nous avons sensibilisé les enfants à la qualité de l'eau", explique-t-il. "Avec des garde-pêches, nous avons, par une pêche électrique (qui endort les poissons) observé la faune locale. Nous avons aussi fait un herbier des plantes des berges. Les enfants ont découvert la vie de cette rivière et ont été fortement sensibilisés. Ils sont allés jusqu'à mobiliser les parents viticulteurs, alors que certaines caves polluent la rivière par leurs rejets. Du coup, certaines, aux alentours ont construit des bassins de décantation !", s'enthousiasme Jacques Khoudir. Pour valoriser tous ses projets pédagogiques réalisés au cours de l'année scolaire, L'Ecole du Parc a organisé une journée d'information à Port-Mahon. Ainsi, 130 enfants ont présenté leurs réalisations aux visiteurs en expliquant très clairement leurs motivations. Autre initiative de l'école du Parc, une collaboration étroite avec L'Audyssée des 7-13 ans, un magazine départemental s'adressant aux enfants des écoles primaires et des collèges, dont l'objectif est d'aider les jeunes à mieux connaître leur environnement direct, à mieux l'apprécier et, en conséquence, à mieux le respecter. Les enfants participent à l'élaboration du journal par le biais d'articles, de dessins, voire de reportages. Toutes ces initiatives doivent créer chez les jeunes une véritable culture de l'environnement. Cela les responsabilise, les aide à devenir les éco-citoyens de demain et ainsi favoriser la protection du patrimoine naturel. "Eduquer les enfants à l'environnement n'est-il pas le meilleur pari pour le futur Parc naturel régional et sa durée dans le temps ?", s'interroge René Martinez, conseiller général, maire de Portel-des-Corbières et directeur de l'école de Sigean. "On sent que les enfants mobilisent leurs parents pour la protection de notre environnement. On le voit par des exemples précis comme le tri sélectif des ordures auquel nous les sensibilisons dans nos établissements scolaires. Pour passer à la vitesse supérieure, il nous manque maintenant la labellisation du Parc. Je crois que ce sera un déclencheur, une prise de conscience forte auprès de la population qui se dira : je vis donc sur un territoire qui mérite qu'on le respecte et qu'on doit protéger. Nous attendons donc tous fermement la reconnaissance officielle du Parc pour le premier semestre 1999. En attendant, on croise les doigts...".


QUE PEUT APPORTER UN PARC NATUREL REGIONAL ?

- Une image de qualité pour chaque commune concernée.
- Un label, instrument commercial de notoriété dans une optique de promotion du territoire, de ses produits et services de qualité.
- Un renforcement des structures existantes, qui seront le relais du Parc.
- Des moyens financiers supplémentaires, car cette structure intercommunale élargie sera un interlocuteur privilégié des partenaires financiers.
- Une équipe technique spécialisée au service du territoire, en particulier des petites communes.


COMMENT FONCTIONNERA LE PARC NATUREL REGIONAL ?

La gestion et l'animation du PNR seront confiées à un Syndicat Mixte qui prendra le relais de l'AME dès l'obtention du label. Son rôle majeur est de mettre en œuvre les orientations de la Charte constitutive du Parc.
Le Syndicat Mixte est une structure très ouverte.
Il est composé de membres à voix délibératives : la Région Languedoc-Roussillon ; le Département de l'Aude ; les Communes membres situées en totalité ou pour partie dans le périmètre labellisé du Parc ; les Communes membres du " territoire associé " situées en périphérie du périmètre labellisé ; les Etablissements consulaires (Chambres de Commerce et d'Industrie, Chambre d'Agriculture, Chambres de Métiers…).
A ceux-ci, s'ajoutent des membres à voix consultatives : les Etablissements publics de Coopération Intercommunale à vocation de développement, d'aménagement ou d'environnement ; le Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres ; le Comité Local des Pêches Maritimes et des Elevages Marins ; la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Aude ; la Fédération Départementale des Associations de Pêche et de Pisciculture de l'Aude ; l'Office National de Chasse, l'Office National des Forêts ; le Conseil Supérieur de la Pêche ; l'Association des Amis du PNR, l'Association Départementale des Chasseurs de Gibiers d'Eau ; les Communes adhérentes après création du Parc ; le Conseil Economique et Social Régional ; le Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et d'Environnement de l'Aude ; les Organismes socioprofessionnels compétents sur le territoire en ayant fait la demande.
Le Syndicat Mixte est assisté d'un Comité Scientifique et Technique dont la mission est de formuler des conseils, d'engager des réflexions, de proposer des programmes de recherche fondamentale et appliquée. Il participe, également, à l'acquisition et à la diffusion des connaissances scientifiques et techniques concernant le PNR.

Les financements

Le budget envisagé du Syndicat Mixte, hors participation de l'Etat, s'élève à 4 millions de francs par an pour les quatre premières années. La répartition entre les partenaires financiers est la suivante :
Région Languedoc-Roussillon : 2 MF (50%)
Département de l'Aude : 1 MF (25%)
36 Communes(1) : 700 000 F
(18%, soit 8F par habitant par an)
Les Etablissements consulaires : 300 000 F
(7%, soit 32 F par ressortissant).


(1) Les contributions des Communes sont calculées au prorata du nombre total d'habitants, qu'elles soient situées entièrement ou pour partie dans le périmètre du Parc. Il en va de même pour les Communes " associées ", situées en périphérie du périmètre labellisé.


LA NARBONNAISE EN MEDITERRANEE

La dénommination choisie pour le Parc s'inspire des racines ancrées dans l'histoire antique de ce territoire.
La Narbonnaise tire son nom de l'antique "Naro", forme préromaine de "Narbo", importante agglomération attestée au VI° siècle av. J.C. Elle était alors la capitale et le principal marché des Elisyques, l'un des plus anciens peuples d'occident fortement ouvert aux influences méditerranéennes.
Lorsqu'en 118 av.J.C. fut fondée la colonie romaine de la province de la Narbonnaise, les échanges marchands avec le pourtour méditerranéen firent florès. Le rôle stratégique de la Narbonnaise située à la croisée des voies terrestres et maritimes érigeait le port de Narbonne en rival de celui de Marseille...
Parallèlement à la navigation de pêche et de commerce , l'exploitation du cordon littoral et de la lagune représentait une ressource notable pour le pays, offrant les produits de l'ostréiculture, de la pêche en étangs et de l'exploitation des salines.
La forte composante lagunaire et maritime du Parc détermine un lien historique et identitaire naturel de ce territoire avec la mer Méditerranée.


QU'EST-CE QU'UN PARC NATUREL REGIONAL ?

La dénomination même de Parc naturel régional peut être à l'origine d'un certain nombre de confusions. En effet, ce nom pourrait faire penser qu'il s'agit, à l'instar des Parcs Nationaux et des Réserves Naturelles, d'espaces protégés à l'intérieur desquels s'applique une réglementation plus ou moins contraignante. Juridiquement, il n'en est rien, puisque la charte qui régit la vie du Parc n'a pas la valeur d'un règlement auquel seraient liées, an cas d'infraction, des sanctions pénales. Pour être plus précis, le décret du 1er septembre 1994 définit un Parc naturel régional comme "un territoire à l'équilibre fragile, au patrimoine naturel et culturel riche et menacé, faisant l'objet d'un projet de développement, fondé sur la préservation et la valorisation de ce patrimoine". Il s'agit en fait d'un territoire sur lequel est intervenu un accord entre plusieurs collectivités territoriales (Région, Départements, Communes, établissements publics) pour mener à bien des actions planifiées, visant à allier développement économique local et protection du patrimoine.


LES PNR EN FRANCE

Les Parcs naturels régionaux sont nés, il a trente ans, d'un constat toujours d'actualité : en France, de vastes zones rurales sont directement et gravement menacées par la désertification, la pression urbaine ou la surfréquentation qui risquent de détruire en quelques années ce que la nature et les hommes ont façonné au cours des siècles. Pour arrêter ce processus, l'Etat et les collectivités concernées se sont résolument engagées dans une politique contractuelle innovante et dynamique, associant étroitement la protection de la nature et de la culture et le développement local. Actuellement, en France, les Parcs naturels régionaux sont au nombre de 32. Ils concernent 2 600 communes (sur 20 régions et 55 départements), où vivent plus de 2,3 millions d'habitants. Ils occupent 10% du territoire national, soit une superficie de plus de 5 millions d'hectares. Ces Parcs ont entraîné la création ou le maintien de plus de 10 000 emplois. Actuellement, une dizaine de Parcs naturels régionaux sont en projet dans l'hexagone, dont celui de la Narbonnaise.


PROJET DE PNR DE LA NARBONNAISE EN MEDITERRANEE : POUR EN SAVOIR PLUS


Eléments de législation

- En 1993, l'article 2 de la loi "Paysages" donne pour la première fois une base légale aux Parcs naturels régionaux. Il précise la mission assignée aux Parcs qui "concourent à la politique de protection de l'environnement, d'aménagement du territoire, de développement économique et social, d'éducation et de formation du public... et constituent un cadre privilégié des actions menées par les collectivités publiques en faveur de la préservation des paysages et du patrimoine naturel et culturel".

- Le 1er septembre 1994, un décret d'application de l'article 2 de la loi "Paysages" précise notamment les trois critères qui doivent prévaloir au classement d'un Parc (qualité patrimoniale et cohérence du territoire, qualité du projet et capacité à le conduire). Il affine également la règle du jeu de l'élaboration des chartes des Parcs qui deviennent opposables aux documents d'urbanisme, et prévoit la signature d'une convention avec l'Etat pour veiller à la cohérence des politiques publiques avec la charte du Parc.

- En 1995, la loi "Barnier" vient compléter le dispositif de l'article 2 de la loi "Paysages". Elle précise notamment que les nouveaux Parcs naturels régionaux doivent être obligatoirement gérés par des syndicats mixtes et introduit, entre autres, la possibilité pour les Parcs de recruter des gardes champêtres spécialement compétents. Ils peuvent aussi user d'un droit de préemption sur des biens après accord des Départements, se voir reverser la taxe de séjour des Communes, destinée à favoriser la protection et la gestion d'espaces naturels à des fins touristiques.


Quelques ouvrages

Connaître et comprendre l'architecture traditionnelle de village
Cet ouvrage montre la diversité et la richesse des façades villageoises des Corbières et du Narbonnais.
Projet de Parc Naturel régional de la Narbonnaise (04 68 42 23 70)

Le sel et l'homme en pays narbonnais
Plaquette réalisée par l'AME et les Salins du Midi, qui présente entre autres les grandes étapes de l'histoire du sel dans l'Aude.
Le Salin de l'Ile Saint-Martin 11430 Gruissan (04 68 49 00 05).

L'Aude Pays Cathare
Pour mieux visiter et aborder le Pays Narbonnais, Escap'sud a publié une brochure très complète et pratique sur la région. Hôtels, gîtes, restaurants, campings... sont décrits ainsi que leurs prestations. De même, des balades touristiques sont proposées, qu'il s'agisse du littoral, des plaines audoises ou de l'arrière-pays (sites, musées, location de bateaux...).
Chambre de Commerce et d'Industrie de Narbonne (04 68 42 71 11)


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