LE VENT
ET LE CALENDRIER

Certaines dates, certaines heures ou moments, quelques saints ont semblé avoir une influence très particulière sur le vent : QUELQUES PRATIQUES SYMBOLIQUES

Les pratiques symboliques sont le fait de ceux pour lesquels le vent est un partenaire, leur activité, leur vie même en dépendent parfois, comme pour les marins : Pour faire cesser le vent, les marins de la Manche chantaient en chœur ou individuellement pour assoupir Saint-Antoine…
Certains personnages pourvus de pouvoirs supérieurs savent commander le vent :
- le curé peut détourner le vent en plaçant la pointe de son tricorne du côté où il veut qu'il souffle.


"Charrette renversée par la tempête", plume de J-A Constantin, Musée Granet d'Aix-en-Provence.
L'expression romantique de ce dessin traduit la violence dévastatrice du vent qui soumet à sa force hommes et bêtes.
Extrait de "Le bon vent et le vent mauvais", catalogue d'exposition. Musée d'Art et d'Histoire de Narbonne. Juillet-octobre 1999.
Recettes pour provoquer le vent :

Dans le reste du monde, mythologies et croyances populaires avec leurs variantes adaptées aux climats et aux cultures sont partout présentes… "Les Inuits, pour faire cesser le vent afin de pouvoir chasser, faisaient un fouet avec des algues et frappaient à la face du vent en criant Taba ! ça suffit…". En Nouvelle-Guinée, les Kuais attachaient une lance sur le toit de leur maison à seule fin de crever le ventre du vent. Pour solliciter le vent, nécessaire à certaines activités, les Berbères croyaient que le mouvement attirait le vent, ils plantaient un drapeau dans un tas de grains en attente ou suspendaient un scarabée à une branche pour qu'il fît signe à une brise de passage en agitant ses pattes… Sur l'île de Sein, une prêtresse, la baragouin, pouvait faire venir le vent sur commande… Les Lapons et les Finlandais utilisaient des cordes à nœuds magiques… Propres à chaque pays, la connaissance des tentatives pour contrôler le vent contribue à la compréhension de la culture et du mode de vie des peuples qui les pratiquent.

QUELQUES CONTES, LEGENDES ET TALISMANS


Rose à huit directions.
Dans l'Egypte antique on croyait qu'il n'y avait pas de mâle parmi les vautours et que la fécondation était assurée par le vent… La déesse Héra conçut Héphaïstos qui devint forgeron des Dieux après avoir inhalé un vent. La déesse babylonienne, Tiamat, naquit lorsque le ventre de sa mère fut rempli par les vents rageurs. Les femmes d'Arunta (Australie) se cachaient lorsque la tempête venait du nord car elle portait le "Ratapa", graines du démon, qui produisaient des jumeaux.
D'après le Dr Marignan (Congrès préhistorique. Nîmes 1911, p642…) "la croyance à la vertu fécondante du vent n'a pas disparu, c'est la propriété des vents qui soufflent à Marsillargues, sur la chaussée du Vidourle, au compte desquels on attribuait, non sans ironie, la grossesse des filles".
Les vents étaient fécondants selon la tradition orphique. La légende rapportée par Gervais de Tilbury, au début du XIII° siècle, mise en français par Boule en 1647, indique comment la vallée de Nyons a été fertilisée : "Saint-Césaire, archevêque d'Arles, au VIe siècle, avait recueilli dans son gant le vent marin des marais d'Arles et l'avait jeté contre un rocher, produisant un gouffre, d'où il ne cesse de souffler".
Le vent naissait au fond de cavernes. Près de Sisteron, au sommet du Grapou. A Baudiment, le trou de "l'oulo" laissait échapper un souffle continuel. En Haute-Bretagne, une légende rapporte qu'un capitaine débarqué au pays des vents, les fit entrer dans un sac et les apporta à bord. Malgré sa défense, les marins ouvrirent le sac, alors Surouâs souffla si fort que le navire fut brisé et les 7 vents, depuis, soufflent toujours sur la mer.
Un autre récit raconte qu'un armateur s'étant vendu au diable, pour essayer d'embarquer ses matelots las de ramer aborda l'île des Vents. Il les fit monter à bord par ruse et les conduisit en pleine mer. Depuis, les vents furieux soufflent sur l'océan. Dans le Finistère, on dit que les eaux de la fontaine de Saint-Sané donnaient pendant 24 heures des vents favorables à ceux qui en emportaient sur leurs bateaux. On dit chez les marins des Pays du Nord que des sorcières vendaient des cordes munies de nœuds qui, suivant qu'on en défaisait un ou plusieurs, provoquaient le vent ou la tempête.

Retour - Sommaire - Suite >