Paysage,
pollens et santé

Les haies en zone urbanisée : état des lieux


 La plantation systématique de cupressacées

    Réputé pour sa diversité botanique remarquable (résineux, feuillus, arbrisseaux des garrigues...), le Midi a vu se multiplier à l'excès les plantations uniformes de cupressacées dans les zones urbaines ou semi-urbaines (lotissements, résidences, terrains de jeux, etc...) :
    Dès 1970, le cyprès bleu (Cupressus arizonica) est planté en grand nombre. Il est progressivement abandonné du fait de sa sensibilité à des champignons pathogènes; le cyprès de Leyland (Cupressus leylandii) prend alors le relais.


 Pourquoi un tel engouement ?

    . le cyprès est un arbuste bon marché et adapté au mode de commercialisation des grandes surfaces (souvent produit d'appel)
    . il pousse rapidement, est facile à tailler
    . il est considéré comme bien adapté au climat et au sol de notre région.


 Pourquoi la haie de cyprès prédomine-t-elle actuellement ?

    . c'est une solution de facilité
    . le public n'a pas été informé sur ses inconvénients
    . le public n'a pas pris conscience du rôle des professionnels du paysage, de leurs conseils, de leurs propositions alternatives.


  Les conséquences de ce choix

    Outre les incidences allergiques liées aux apports massifs de pollen par certaines essences de cupressacées, ce choix a pour conséquence une banalisation du paysage, une sensation d'enfermement, les parcelles étant toutes cernées par le même mur vert (qui plus est du même vert !).
    On constate également la fragilisation de ces plantations monospécifiques : transmission d'une maladie (ex. : coryneum, chancre du cyprès) d'un arbuste à un autre dans la haie, provoquant son rapide dépérissement. Les cupressacées sont particulièrement sensibles à ce problème, ce qui accentue l'appauvrissement du paysage et limite considérablement l'efficacité de ce type de haie en tant que clôture.


 L'approche de la diversité par les professionnels du paysage

    Il appartient aux professionnels du paysage de guider le choix de leurs clients en prenant en compte de nombreux paramètres.
    L'adaptation au climat, l'exposition de la parcelle, le type de sol, la rusticité, la rapidité de croissance, la facilité de conduite du développement, la tolérance vis à vis de certaines pollutions, la composition paysagère (la hauteur, le port, le feuillage persistant ou caduc, la couleur, la floraison, la fructification), devront être examinés.
    Finalement, en fonction de tous ces paramètres, ainsi que des dimensions de la parcelle à enclore, du budget et des souhaits du client, tel ou tel critère de choix des essences végétales sera privilégié.
    De plus une attention particulière doit être portée sur le caractère envahissant ou toxique de certaines espèces.


 La santé, un argument de plus pour promouvoir la qualité du travail des professionnels du paysage

    Certains professionnels (architectes-paysagistes, entrepreneurs de paysage, pépiniéristes-producteurs) prônent depuis longtemps la diversité des plantations dans le cadre de leurs interventions quotidiennes.

    Leur démarche doit être accentuée, soutenue.
    Indéniablement, la prise de conscience de l'existence de troubles de santé saisonniers, liés à l'abondance de certains pollens, constitue un argument de plus pour inciter à proposer des compositions végétales riches.


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