Paysage,
pollens et santé

Les pollens et le risque allergique



Les pollinoses :
allergies de plus en plus fréquentes

La plus connue et la plus classique des pollinoses est le "rhume des foins", lié à la présence de pollens de graminées dans l'atmosphère. Cette affection se déclenche, de manière souvent brutale, à la période de floraison des graminées (printemps-été).


Comment se manifestent-elles ?

En général elles se manifestent au niveau :

    - du nez : éternuements, démangeaisons, obstructions, écoulements et même perte de l'odorat et du goût,
    - des yeux : brûlures, rougeurs, larmoiements, sensation de gêne à la lumière du soleil.

Elles entraînent souvent des troubles au quotidien, dans la vie sociale, et perturbent également le sommeil. Chez certaines personnes elles peuvent se compliquer par l'apparition de crises d'asthme, d'un urticaire ou d'un eczéma.

A quel moment surviennent-elle ?

Si la majorité des pollinoses survient au printemps et en été, il a été constaté, depuis les années 70 dans notre région, qu'elles apparaissent de plus en plus fréquemment à d'autres périodes de l'année.
Elles sont plus fréquentes en hiver à l'occasion de la pollinisation des cupressacées que nous utilisons abondamment pour la composition des haies de clôture. Les pollinoses, prédominantes en janvier et en février, peuvent débuter en décembre si l'hiver est clément.
Hiver, printemps et été sont également le moment d'une pollinisation abondante par la pariétaire, plante certes peu allergisante, qui se développe sur les vieux murs mais aussi sur certains terrains mal ou non entretenus... et ils sont de plus en plus nombreux (terrains vagues, friches, jachères, etc...).

Qui est particulièrement sensible ?

On considérait que les personnes atteintes de pollinoses étaient, en général, héréditairement prédisposées (cette prédisposition s'appelle l'atopie) ; mais on sait aujourd'hui que des personnes non prédisposées peuvent en être atteintes.

Le pollen, qu'est-ce que c'est ?
Le pollen est l'élément mâle d'une fleur. Il est constitué par un ensemble de grains minuscules contenus dans les étamines. A maturité, il forme une matière pulvérulente, généralement colorée en jaune.
La pollinisation
Libéré des étamines, le pollen est transporté par le vent et les insectes et se dépose sur le pistil, organe femelle de la plante. Les germes de grains de pollen descendent dans l'ovaire et vont féconder les ovules qui donneront les graines.


Pourquoi certains pollens font-ils courir des risques ?

Les caractéristiques des pollens (morphologie, composition physico-chimique...) diffèrent d'une essence végétale à l'autre. Ces variations rendent certains pollens plus allergisants que d'autres. Par ailleurs, des essences végétales, soit sous l'action de l'homme, soit naturellement, se retrouvent en plus grand nombre en certains lieux (cultures, friches...). Le risque de maladie sera d'autant plus important que les essences végétales abondantes dans une région produiront des pollens potentiellement allergisants.

Caractéristiques des pollens ayant une importance particulière en terme de santé publique :

Les pollens diffusés par le vent (pollens anémophiles), parce qu'on les respire, sont plus dangereux que les pollens transportés par les insectes (pollens entomophiles qui caractérisent en particulier les plantes à fleurs). Mais il existe des cas particuliers :

- chez certaines essences, comme la pariétaire, le pollen est "catapulté" et retombe auprès de la plante. Ces plantes seront moins allergisantes sauf si leur densité est très grande dans la région (par exemple, la pariétaire qui est peu gênante en Languedoc-Roussillon est la première cause de pollinose en Italie).

- chez d'autres essences, le pollen est très peu porté par le vent et sera donc respiré au voisinage de la plante (allergène de proximité). C'est le cas, par exemple, du genêt, du mimosa, du marronnier, du tilleul... Ces plantes seront donc allergisantes uniquement pour les personnes vivant à proximité directe. Mais encore faut-il qu'un authentique lien de cause à effet ait été démontré grâce à un bilan allergologique.

Le volume des pollens est capital à connaître car les "gros" pollens, tels le pollen de pin (d'environ un volume de 70 000 micro-m3), sont peu ou pas agressifs alors que les "petits" pollens comme ceux du cyprès (environ 12 500 micro-m3) sont plus agressifs.
Le nombre de pollens présents dans l'air que l'on respire est important ; une même essence sera allergisante si ses pollens sont très nombreux dans l'atmosphère, peu ou pas allergisante si ses pollens sont rares.
Le taux d'azote protéique du pollen est également important car il permet d'estimer la quantité de protéine que contiennent les pollens, c'est parmi ces protéines que se trouveront les molécules qui déclencheront l'allergie lorsqu'on les aura inhalées dans les bronches. En fait, c'est le taux d'allergène présent dans l'atmosphère qu'il faudrait connaître mais cette mesure n'est pas encore une pratique courante !
Une personne se sensibilise aux essences végétales les plus nombreuses dans la région où elle vit et le nombre de personnes atteintes sera d'autant plus grand qu'il s'agira d'une essence à fort pouvoir allergisant.

En plus d'une meilleure connaissance de la structure et de la composition des pollens, de leur pénétration dans le nez et les voies aériennes de l'homme, leur recueil dans l'atmosphère a donné lieu à l'établissement de calendriers polliniques (sur un territoire donné : une région, un pays...) qui nous informent sur le type et le nombre de pollens présents dans l'air que nous respirons - voir tableaux   (pdf*) -

* Pour lire ce type de fichier vous devez disposer d'Adobe® Acrobat® Reader®, ce logiciel gratuit est disponible sur site internet d'Adobe®
Unité filtrante de P. Cour dans notre région.
Mise au point dans le Laboratoiree de
Palynologie de l'Université de Montpellier II.


Retour - Sommaire - Suite >