Paysage,
pollens et santé

Les pollens et le risque allergique


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Qui peut se sensibiliser et devenir allergique aux pollens ?

La réponse à cette question est complexe, plusieurs paramètres peuvent intervenir :
- le degré de sensibilité de chaque personne : chacun est plus ou moins prédisposé à l'allergie,
- l'abondance de pollens "agressifs" dans l'atmosphère : si ces pollens sont peu nombreux, ce sont plutôt les personnes allergiques fortement prédisposées (atopiques) qui seront concernées ; par contre, si ces pollens sont abondants, des personnes allergiques, mais également des personnes qui n'étaient pas jusque là connues comme telles, peuvent être touchées,
- la pollution atmosphérique: en milieu confiné, les polluants, à l'intérieur des locaux (fumée de tabac, aérosols...), fragilisent les voies respiratoires ; en milieu urbain, les gaz d'échappement irritent également les voies respiratoires et amenuisent nos défenses... ce qui peut favoriser l'apparition d'allergies (notion de co-facteur).
Par ailleurs, différents travaux scientifiques font apparaître que le pouvoir allergisant de certains pollens pourrait également être modifié (nombre et potentiel allergénique) par la pollution atmosphérique.
Toutefois, les relations entre pollution atmosphérique, allergie et asthme restent à préciser. L'amélioration progressive des connaissances devrait permettre de mieux informer à l'avenir sur les risques éventuels, ainsi que cela est prévu pour certains polluants par la nouvelle loi sur l'air.


Peut-on établir une liste des plantes non allergisantes ?

Cette liste serait difficile à établir car, selon les personnes et suivant les conditions d'exposition au risque, un pollen peut toujours être allergisant. Les pollens présents en quantités très importantes dans une région constituent toujours un risque potentiel (le cyprès en zone méditerranéenne, le bouleau dans l'est de la France...)
Les pollens dangereux sont ceux transportés par le vent car ils peuvent être inhalés.


Faut-il limiter les haies de cyprès ?

Les cupressacées (différentes espèces de cyprès, thuyas, genévriers) ne sont pas à mettre au ban de l'arboriculture paysagère.
Les cyprès de Provence (Cupressus sempervirens), depuis longtemps implantés dans notre région, sont des arbres emblématiques des paysages méditerranéens. Il n'est pas question de supprimer ces végétaux qui, dans la mesure où on se limite à les planter en petit nombre autour des maisons, présentent un intérêt esthétique certain et ne modifient pas significativement la concentration ambiante en pollens de cyprès et donc le risque allergique.
C'est l'emploi excessif et souvent exclusif de certaines cupressacées, notamment cupressus sempervirens, qui, en augmentant massivement la quantité globale de pollens dans l'atmosphère, crée ou accentue le risque d'apparition d'allergie pour les sujets à risques.
La diversité des plantations et, en particulier, la variété des essences composant les haies autour des habitations, présente donc un grand intérêt à la fois pour la qualité du paysage méditerranéen et pour la qualité de vie en terme de santé publique.


Quelles essences vaut-il mieux éviter de planter, si l'on est allergique ?

Le problème se pose uniquement pour quelques plantes (genêts, tilleuls, mimosas, marronniers...) dont les pollens, du fait de leurs caractéristiques, sont portés par le vent sur une faible distance. C'est seulement tout près de ces plantes que l'on respirera une quantité importante de leurs pollens et que certaines personnes pourront développer une allergie individuelle de proximité.
Si un bilan allergologique montre, pour une personne, une sensibilité particulière à l'un de ces pollens, il vaut mieux éviter de vivre au voisinage très immédiat du végétal correspondant (ombrage d'une terrasse, devant la fenêtre de la chambre à coucher...). Néanmoins, comme il est classique dans le domaine de l'allergie, un bilan négatif ne préjuge pas d'une sensibilisation future à ce pollen si le contact est important.


On réduit donc le risque d'allergie si dans une région on diversifie les espèces plantées et si, dans les haies, on privilégie des plantes à fleurs dont le pollen est principalement transporté par les insectes.


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